Croissance, inflation, chômage : Aram Belhaj décrypte les indicateurs économiques tunisiens

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L’économiste Aram Belhaj a dressé ce mercredi 17 décembre un état des lieux de la situation économique tunisienne dans une publication sur sa page Facebook, estimant que certaines étapes historiques imposent aujourd’hui une évaluation objective du parcours économique du pays. Selon lui, l’économie tunisienne a connu une détérioration continue au cours des cinq dernières années, malgré une amélioration récente de quelques indicateurs. Il souligne toutefois que le tableau devient encore plus préoccupant lorsqu’on compare ces performances à celles d’avant le 17 décembre 2010.
Pour l’expert, ces évolutions traduisent une conjoncture marquée par une forte incertitude politique, un climat des affaires peu attractif, l’absence de planification stratégique, la faiblesse des politiques publiques et une incapacité persistante à engager de véritables réformes structurelles. Il considère que l’économie tunisienne reste fondamentalement classique, reposant sur une intervention étatique lourde mais peu efficace, sur des secteurs à faible valeur ajoutée, une main-d’œuvre peu coûteuse et une capacité limitée d’innovation et de renouvellement.
S’agissant des éventuels acquis économiques, Aram Belhaj estime qu’ils demeurent très limités. Il évoque principalement la rupture avec la domination de l’ancienne famille régnante sur les rouages de l’économie, ainsi que la reprise partielle de certaines activités grâce à des facteurs conjoncturels internationaux.
Dans son analyse, l’économiste s’appuie sur des données issues notamment de la Banque mondiale, de l’Institut national de la statistique et de la Banque centrale. La croissance économique, qui s’établissait à 4,7 % en 2021, devrait reculer à environ 2,6 % à la fin de 2025. Le taux d’inflation, estimé à 5,7 % en 2021, resterait au même niveau à l’horizon 2025. Le chômage des jeunes, qui touchait 40 % en 2021, devrait légèrement reculer pour atteindre 36,8 % fin 2025.
Les exportations, qui avaient progressé de 11,9 % en 2021, devraient ralentir pour atteindre 8,8 % en 2025. Le déficit commercial, quant à lui, passerait de 16,2 milliards de dinars en 2021 à près de 22 milliards de dinars à la fin de 2025. Le déficit courant, exprimé en pourcentage du produit intérieur brut, reculerait de 5,9 % en 2021 à 2,7 % à l’horizon 2025, tandis que les réserves en devises passeraient de 8,1 milliards de dollars à environ 8,5 milliards de dollars sur la même période.
Concernant les finances publiques, le déficit budgétaire devrait diminuer de 7,7 % du PIB en 2021 à 5,7 % fin 2025. En revanche, le taux d’endettement poursuivrait sa hausse, passant de 79,3 % du PIB à près de 84,9 %. Le taux d’investissement connaîtrait une légère progression, de 14 % du PIB en 2021 à 15,5 % en 2025. Enfin, le taux de change moyen du dinar passerait d’environ 2,88 dinars pour un dollar et 3,28 dinars pour un euro en 2021 à respectivement 2,9 dinars et 3,44 dinars à la fin de 2025.

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