La scène artistique arabe est endeuillée à la suite du décès, ce dimanche 3 mai 2026 à Paris, de la grande star de la musique Hani Shaker, après un long combat contre la maladie.
La trajectoire artistique de Hani Shaker, 74 ans, a débuté au cœur de l’âge d’or de la musique arabe. Dès le début des années 70, il s’est imposé comme une voix prometteuse, dotée d’un timbre romantique et chaleureux qui l’a prédestiné à devenir l’héritier naturel de l’école du chant authentique. Son envolée spectaculaire, propulsée par le compositeur Mohamed El Mougui avec le titre « Helwa Ya Donia« , a prouvé dès ses premiers pas sa capacité à résister aux mutations musicales de l’époque, tout en préservant une identité classique d’une grande noblesse.
Son parcours ne s’est pas limité à la scène musicale, il s’est étendu au grand écran, où il a marqué la mémoire collective de toute une génération par ses rôles dans des films emblématiques comme “Haza Ahoubbouhou Wa Haza Aridouh”. Il s’est ensuite entièrement consacré à son immense projet discographique qui compte aujourd’hui plus de 600 chansons. Ses œuvres oscillent entre le drame sentimental, dont il s’est fait une spécialité avec des titres comme « Nessianak Saâb Akid » ou « Ghalta », et les chants patriotiques ou religieux, faisant de lui un artiste transgénérationnel.
Par la suite, Hani Shaker a franchi une nouvelle étape en s’investissant dans la vie publique, occupant le poste de président du Syndicat des professions musicales en Égypte durant plusieurs mandats. Durant cette période, il a mené des combats acharnés pour défendre l’identité musicale arabe et préserver ce qu’il considérait comme l’intégrité de l’oreille musicale contre les dérives contemporaines. Aujourd’hui, il demeure un symbole d’élégance artistique et de persévérance, une voix qui n’a jamais cédé aux modes éphémères, restant l’un des derniers gardiens fidèles de l’époque du « beau temps » de l’art.
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