La Tunisie vient de perdre l’une de ses figures les plus emblématiques du secteur énergétique avec le décès d’Othman Ben Arfa ce samedi 28 mars 2026. Né en 1941 au Bardo, ce grand commis de l’Etat appartenait à la génération fondatrice qui a consacré sa vie à l’édification du pays au lendemain de l’indépendance. Après de brillantes études d’ingénieur en électrotechnique aux États-Unis, il regagne sa patrie avec la ferme volonté de mettre son expertise au service des infrastructures nationales.
Sa carrière reste indissociable de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz qu’il intègre en 1967. Durant plus de quarante ans, il gravit patiemment tous les échelons de l’institution jusqu’à en prendre la direction en 2002. Pendant près d’une décennie, il y déploie une gestion magistrale axée sur la modernisation des réseaux et l’intégration stratégique du gaz naturel. Visionnaire, il pose également les premiers jalons du développement des énergies renouvelables et fait rayonner le savoir-faire tunisien à l’échelle internationale, notamment en Afrique et dans le monde arabe.
Au-delà de ses prouesses techniques, Othman Ben Arfa était un homme d’une intégrité irréprochable et un patriote convaincu. Décoré de l’Ordre de la République, il était aussi un grand passionné de sport, ancien champion de gymnastique et fervent soutien des disciplines nautiques. Les remous politiques de l’après-2011 ne l’ont pas épargné, le contraignant à un exil douloureux en France suite à des amalgames qu’il a toujours vécus comme une profonde injustice. Il laisse derrière lui l’image d’un dirigeant rigoureux et discret dont le parcours continuera d’inspirer des générations d’ingénieurs tunisiens.
Paix à son âme.
311