Le ministère des Affaires culturelles a annoncé le décès du grand écrivain, nouvelliste et romancier Hassen Nasr, survenu vendredi 24 juillet 2026, à l’âge de 89 ans, au terme d’un parcours riche en créativité et en dévouement, entièrement consacré au service de la littérature et de la culture tunisiennes.
Né le 4 février 1937 dans le quartier de Halfaouine, à Tunis, le défunt y avait reçu son premier enseignement à l’école coranique, avant de poursuivre ses études à la mosquée-université de la Zitouna. Il exerça ensuite comme enseignant dans les lycées tunisiens, ainsi qu’en République islamique de Mauritanie.
Hassen Nasr est considéré comme l’un des plus grands pionniers de la littérature tunisienne, et compte parmi les fondateurs de l’Union des écrivains tunisiens. Son parcours littéraire débute avec les premières années de l’Indépendance, lorsqu’il publie des textes poétiques dans le journal El Alem, avant que ne paraisse, en 1959, sa première nouvelle, « Damaat Kahl » (La larme d’un vieil homme), dans la revue El Fikr. Sa carrière créative se poursuivra ensuite à travers une production abondante, alternant roman, nouvelle, nouvelle très courte et poésie.
Hassen Nasr laisse derrière lui un héritage littéraire d’une grande richesse, parmi lequel figurent notamment : « Dahaliz El Layl » (Les couloirs de la nuit), « Khoubz El Ardh » (Le pain de la terre), « Dar El Bacha » (La maison du bey), « Sijillat Raas Ediik » (Les registres de Raas Ediik), « Layali El Matar » (Les nuits de pluie), « Essahar oua El Jarh » (La veille et la blessure), « Khoyoul El Fajr » (Les chevaux de l’aube), ainsi que d’autres œuvres telles que « 52 Layla » (52 nuits), « Kaïnat Mjanaha » (Créatures ailées), « Ma Ajmal El Bahr » (Que la mer est belle) et « El Malak Fi El Manfa » (L’ange en exil).
Ses œuvres se sont distinguées par leur ancrage dans les questions nationales, sociales et humaines : littérature de la résistance, mutations sociales, conflit des générations, condition paysanne et destin de l’homme tunisien. Il y a également traité, avec un style littéraire singulier, des séquelles de la défaite de 1967 et de l’expérience de la coopération agricole, faisant de lui l’une des voix narratives majeures de la littérature tunisienne moderne.
Son parcours a été couronné de nombreuses distinctions nationales, parmi lesquelles le Prix d’encouragement pour le recueil « Layali El Matar » en 1968, le Prix d’encouragement pour le roman «Dahaliz El Layl» en 1978, et le Prix de la création pour le recueil «Essahar oua El Jarh» en 1989.