Un drame a profondément bouleversé la région de Bizerte, et plus particulièrement la ville de Ras Djbel, à la suite du décès tragique de Mohamed Ben Othmen, connu sous le prénom de Radhouen, professeur de mathématiques retraité du lycée Farhat Hached de Bizerte.
Originaire de Ras Djbel, où il a été inhumé, le défunt résidait à Menzel Jmil. Reconnu pour son sérieux, sa rigueur et son dévouement à l’enseignement, il a formé des générations d’élèves, laissant derrière lui l’image d’un homme intègre, respecté et profondément attaché à sa mission éducative.
Une simple visite médicale qui tourne au drame
Le drame s’est produit à l’hôpital militaire de Tunis, où Mohamed Ben Othmen, âgé de 80 ans, s’était rendu pour effectuer de simples analyses médicales. Son fils, Chekib Ben Othmen, a indiqué à Réalités Online que son père avait été orienté vers le service administratif afin de régulariser certaines formalités. C’est à partir de ce moment que toute trace de lui a disparu.
Le défunt Mohamed Ben Othmen
Selon la version des faits rapportée à la famille par de hauts responsables de l’hôpital militaire, le défunt serait monté par erreur dans un ascenseur réservé aux agents de nettoyage et au transport des déchets, normalement inaccessible au public. En appuyant sur un bouton pour descendre, il aurait accédé à cet ascenseur technique. Lorsque la porte s’est ouverte, il a chuté dans la cage depuis le quatrième étage, trouvant la mort sur le coup.
Un corps retrouvé après près de 48 heures
Le plus choquant dans cette affaire reste le délai particulièrement long avant la découverte du corps. Selon son fils, ce n’est qu’après près de 48 heures de recherches intensives que sa dépouille a été retrouvée à l’intérieur même de l’hôpital.
Pendant deux jours, la famille a multiplié les démarches, alerté les autorités et diffusé des appels à témoins, convaincue qu’il se trouvait encore dans l’enceinte hospitalière. Pourtant, dans un premier temps, il leur aurait été indiqué qu’il avait quitté les lieux et que son téléphone avait été localisé à l’extérieur.
Dans ce contexte, Chekib Ben Othmen a précisé à Réalités Online que le téléphone de son père, d’ancienne génération, ne permettait pas une géolocalisation précise. Il aurait ainsi été localisé pour la dernière fois près de la place Barcelone, à quelques centaines de mètres de l’hôpital militaire.
De lourdes interrogations
Plusieurs questions demeurent sans réponse : comment a-t-il pu accéder aussi facilement à un ascenseur censé être réservé au personnel ? Où étaient les dispositifs de sécurité ? Pourquoi aucun agent n’a-t-il constaté sa disparition pendant près de 48 heures ?
Face à ces interrogations, une enquête a été ouverte afin de déterminer les circonstances exactes du drame et d’établir les responsabilités. Selon son fils, deux agents auraient été mis en examen dans le cadre de cette affaire.
Ce drame n’est malheureusement pas un cas isolé. Il rappelle d’autres incidents similaires survenus dans des établissements publics, notamment le décès tragique, il y a quelques années, du médecin feu Badreddine Aloui, victime d’une chute dans la cage d’un ascenseur en panne à l’hôpital régional de Jendouba.
Mohamed Ben Othmen laisse derrière lui quatre enfants, mais aussi une communauté scolaire et régionale profondément marquée par sa disparition. La douleur de sa famille est immense multiplié par un profond sentiment d’injustice et de colère. Car ce drame aurait pu, et aurait dû, être évité.
À suivre…