Ces temps pluvieux et venteux ravivent une mélodie surgie de l’oubli. A l’école primaire, nous apprenions le poème de Mekhayel Nouayma « A3sifi ya riah, ohtuli y matar / saqfou bayti hadid, roknou bayti hajar ». Sur-le-champ, une interprétation inappropriée envahit mon esprit.
Je suis bien à l’abri et qu’importe le sort d’autrui livré à la furie de l’intempérie. Toutes les religions, révélées ou non, condamnent semblable prise de position. Dans l’Évangile 22-39 du 1er siècle, Matthieu prescrit ceci : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Le Coran énonce le même commandement. Pour une éthique profane ou sacrée, les dégâts matériels et humains de ces inondations ne sauraient donc laisser indifférent. Mais du lieu d’où la plupart des citoyens assistent à la bourrasque et avec les moyens dont ils disposent, que peuvent-ils accomplir de sérieux pour leurs concitoyens proches ou lointains ?
Ici intervient une distinction principale entre les dépositaires de l’autorité publique et le restant de la population.
Dans ces conditions, l’assomption de la responsabilité implique la disposition à servir autrui de manière systématique. Ce principe catégorique infirme le propos d’Emmanuel Lévinas lorsqu’il écrit, en 1961 dans « Totalité et infini » : « L’autre est infiniment autre ». A l’inverse de ce rejet systémique, asocial et incivique, la prise de position solidaire pointe vers les soumis aux ravages climatiques.
A ce propos, Bourdieu écrit : « La morale n’a quelque chance d’advenir, particulièrement en politique, que si l’on travaille à créer les moyens institutionnels d’une politique de la morale. La vérité officielle de l’officiel, le culte du service public et du dévouement au bien commun ne résistent pas à la critique du soupçon qui découvre partout la corruption, l’arrivisme, le clientélisme ou, dans le meilleur des cas, l’intérêt privé à servir le bien public ».
Ces appréciations, énoncées en l’an 1994 pour le cas français, projettent un vif éclairage sur les débats menés, aujourd’hui, en Tunisie. L’incivisme des ronds-de-cuir administratifs et politiques explique la danse de Saint-Guy où sévissent maints tenants, occasionnels, de charges pourtant essentielles. Pour Aristote, l’homme, à la différence du végétal et de l’animal, est « celui qui est doté de logos ». De là provient la formulation aristotélicienne par excellence : « L’homme est un animal raisonnable », oui mais le modèle hégélien de la bureaucratie idéale méconnaît l’observation livrée par l’investigation.
Les serviteurs du bien public servent leur intérêt particulier sous le couvert de principes éthiques.
La même critique tacle Kant, le chantre des principes catégoriques ». De là provient le reproche sartrien : « Kant a les mains propres mais il n’a pas de mains » car la raison et la morale maquillent bien des scandales. Ainsi, Netanyahu fonde le Grand Israël sur la religion et réclame l’attaque des Mollahs en raison de leur gouvernance liée à la religiosité. Ce deux poids, deux mesures cligne vers le proverbe : « L’hypocrisie est un hommage que le vice rend à la vertu ».
Ainsi, le vice de Trump incite le directeur de l’OMS à lui indiquer le chemin de la vertu.
Trump supprime la contribution américaine et prétend, par ce geste, ignoble, servir la morale nationale. Pour le chef de l’OMS, le retrait financier nuit à la santé mondiale et à celle des Etats-Unis. Par sa courte vue, l’idiot du village planétaire occulte les réactions provoquées, entre autres, par sa musulmanophobie mise au service de la judéophobie.
De son côté, l’Irak n’oublie pas de réagir au diktat du rat. Le 28 juillet, il réitère sa colère contre l’ingérence et la sale présence.
Le 29 juillet, l’Iran vomit les menaces trumpiennes de la puissance malsaine réfutée, aussi, par la Turquie.