Un verdict sévère est tombé au Tribunal de première instance de Tunis, marquant la fin judiciaire de l’un des réseaux criminels transfrontaliers les plus structurés récemment démantelés. La chambre criminelle a condamné seize individus à des peines de prison allant de 45 à 55 ans. Ce réseau, qualifié de particulièrement dangereux par les autorités, opérait un trafic de stupéfiants et un système de blanchiment d’argent entre la Tunisie et deux pays de l’Union européenne. Parmi les condamnés figurent des agents d’une entreprise publique et un fonctionnaire, illustrant la pénétration du crime organisé au sein de certaines institutions.
L’enquête, menée par les agents de la sous-direction de lutte contre les stupéfiants d’El Gorjani, s’est appuyée sur trois mois de travail de renseignement, de surveillance et d’investigations minutieuses. Ce travail d’ombre a permis, en novembre 2023, de coordonner une série de descentes et de porter un coup d’arrêt à l’organisation. Le réseau acheminait la drogue jusqu’au port de la Goulette, après un transit par deux pays européens, exploitant ainsi les failles logistiques du commerce international.
Les arrestations ont ciblé un éventail de profils : six agents d’une entreprise publique, un fonctionnaire public, un chauffeur de taxi, deux femmes et plusieurs autres complices. Les perquisitions associées ont donné la mesure des activités du groupe. Les forces de l’ordre ont saisi des quantités substantielles de cocaïne et de résine de cannabis (zatla), ainsi que plus de vingt véhicules utilisés comme moyens de transport pour la drogue et l’argent. Les liquidités confisquées s’élèvent à environ 500 mille dinars. Au total, la valeur des stupéfiants et des fonds saisis pendant toute l’enquête dépasse les 3 millions de dinars, un butin qui souligne l’ampleur financière des trafics.
Face au tribunal, les seize accusés ont écopé de sentences à la hauteur de la gravité des faits. Six d’entre eux ont été condamnés à la peine maximale de 55 ans de prison. Les neuf autres membres du réseau ont quant à eux été fixés à 45 ans de prison. Au-delà de ces longues peines de privation de liberté, le tribunal a assorti ses jugements d’amendes financières décrites comme « extrêmement lourdes » pour l’ensemble des condamnés, visant à confisquer les profits illégaux.
Ce démantèlement et ces condamnations exemplaires envoient un signal fort sur la détermination des autorités tunisiennes à combattre les réseaux criminels internationaux.
MBY