C’est un signal fort qu’a envoyé hier l’Assemblée des représentants du peuple. En approuvant, lors d’une séance plénière à huis clos, la levée de l’immunité parlementaire de dix de ses membres, l’ARP démontre que la protection constitutionnelle accordée aux élus n’est pas un passeport pour l’impunité.
Ce qui retient particulièrement l’attention dans cette affaire, c’est le geste volontaire des députés concernés. En renonçant d’eux-mêmes à leur bouclier immunitaire pour comparaître devant la justice, ces élus envoient un message clair : la responsabilité devant la loi prime sur les privilèges du mandat. Un acte rare, qui mérite d’être souligné.
Sur le fond, les dossiers examinés — 21 au total concernant 11 députés — portent principalement sur des infractions électorales antérieures à l’actuel mandat. Autrement dit, le passé rattrape le présent, et l’Assemblée a choisi de ne pas faire obstacle à la justice.
Ce précédent est loin d’être anodin. Il rappelle que la démocratie ne saurait fonctionner sans accountability, et que l’immunité parlementaire, outil de protection légitime contre les poursuites politiquement motivées, ne doit jamais devenir un outil d’échappatoire. L’ARP semble l’avoir compris.
Dans un contexte où la confiance des citoyens envers leurs institutions reste fragile, ce type de démarche constitue un pas, certes modeste, mais concret vers une culture de la transparence et de l’État de droit.
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