Deux ans de prison pour Ghannouchi à cause d’un don au Croissant-Rouge ?

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La défense de Rached Ghannouchi a annoncé, ce vendredi, que la chambre correctionnelle du tribunal de première instance de Tunis a condamné l’ex-chef du mouvement Ennahdha à deux ans de prison assortis d’une amende. Le jugement concerne l’affaire liée au don de la récompense internationale pour la promotion des principes gandhiens de paix et de tolérance, un montant qu’il avait versé au Croissant-Rouge tunisien.

Dans une longue lettre rendue publique sur la page officielle Facebook de Ghannouchi, le comité de défense a fustigé une décision qu’il qualifie de « politique » et « radicalement injuste ». Les avocats rappellent que Ghannouchi avait obtenu cette distinction internationale le 7 novembre 2016, en tant que première personnalité arabe récompensée pour ses efforts en faveur de la paix, du dialogue et de la tolérance. Selon la défense, il s’était immédiatement dessaisi du montant de la récompense, estimé à plus de quatorze mille dollars, au profit du Croissant-Rouge tunisien, lors d’une cérémonie officielle couverte par les médias et en présence de représentants de l’organisation humanitaire.

La défense a dénoncé un processus judiciaire « entaché d’irrégularités », évoquant des procédures « entachées de nullités », la poursuite de Ghannouchi « malgré la prescription » et une audience expédiée sans permettre à l’équipe juridique de préparer sa plaidoirie.

Ce verdict s’ajoute à l’interminable série de procédures visant l’ancien président du Parlement, arrêté en avril 2023 et détenu depuis dans la prison d’El Mornaguia. Il a également été condamné en février 2024 à trois ans de prison dans l’affaire du financement étranger illicite.

Il convient de rappeler que Rached Ghannouchi observe actuellement une grève de la faim. Il dit agir en solidarité avec le militant Jawher Ben Mbarek, dont l’état de santé s’est brutalement dégradé après plus d’une dizaine de jours de grève sauvage. Depuis sa cellule, Ghannouchi affirme que son propre état de santé ne lui permet pas un jeûne prolongé, mais qu’il refuse de rester muet face à ce qu’il décrit comme « l’injustice, la vengeance politique et la mort lente imposée aux opposants ».

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