Le secteur bancaire tunisien se prépare à un arrêt total de ses activités pendant deux jours à la suite d’une décision unanime du Conseil sectoriel des banques, des institutions financières et des compagnies d’assurances, présidé par Tahar Mezzi, secrétaire général adjoint chargé du secteur privé, en présence d’Anouar Ben Kadour, responsable du département des études. Initialement prévue les 30 et 31 octobre, la grève générale dans le secteur bancaire a finalement été reportée aux 3 et 4 novembre 2025, comme l’ont annoncé hier les acteurs du secteur.
Intervenu sur Jawhara FM hier vendredi 17 octobre, Ahmed Jaziri, secrétaire général de la Fédération générale des banques, institutions financières et compagnies d’assurances, a expliqué que cette grève vise à défendre le droit syndical, relancer les négociations sociales pour 2025 et rejeter les décisions unilatérales imposées par certaines directions.
Le syndicaliste a affirmé que les banques, locomotive de l’économie nationale, ne peuvent continuer à être fragilisées par des mesures qui ignorent les engagements sociaux, appelant les autorités de tutelle à intervenir pour éviter une paralysie du système financier.
Ahmed Jaziri a dénoncé l’exclusion des employés du secteur bancaire de l’application de l’article 412 du Code du travail, sauf pour une seule institution, et précisé que tous les services bancaires seront touchés, y compris les distributeurs automatiques de billets, risquant ainsi de perturber les opérations financières dans tout le pays.
Lors du conseil sectoriel, Jaziri a également mis en garde contre l’impact du projet de loi de finances 2026, qu’il considère comme une menace pour le pouvoir d’achat et pour le droit à la négociation salariale. Il a dénoncé le risque d’un affaiblissement du droit syndical au profit du capital financier local et étranger, rappelant les précédents échecs de certaines réformes imposées sans concertation.
Le responsable syndical a souligné que le secteur mène aujourd’hui une « bataille sociale décisive », marquée par une large mobilisation des employés et une volonté commune de défendre les acquis sociaux face aux dérives unilatérales qui, selon lui, « mettent en péril l’équilibre du dialogue social ».