Disparition partielle des plages de « Coucou Beach » : un signal d’alarme écologique selon Hamdi Hached

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Une partie du littoral de Ghar El Melh, connu du grand public sous le nom de « Coucou Beach », aurait récemment subi une érosion.

Selon l’expert en environnement Hamdi Hached, ingénieur spécialisé dans le changement climatique, cette dégradation est mise en évidence par la comparaison de deux images satellitaires issues du programme européen Copernicus, captées par le satellite Sentinel-2 à haute résolution, les 14 janvier et 6 février 2026.

Les images montrent une disparition partielle du cordon sableux qui séparait la lagune de Ghar El Melh de la mer. Or, cette barrière naturelle joue un rôle essentiel dans la protection de l’écosystème lagunaire et dans la stabilité du littoral. Sa détérioration rapide constitue une perte réelle, à la fois environnementale, paysagère et touristique.

Ce phénomène s’explique principalement par les fortes perturbations marines provoquées par les tempêtes Harry et Kristin, qui ont frappé la Tunisie au cours des semaines précédentes. L’augmentation de l’énergie des vagues, la modification des courants côtiers et l’intensification du processus d’érosion ont fragilisé un système déjà vulnérable.

Pour Hamdi Hached, il ne s’agit ni d’une « agression » ni d’une « vengeance » de la mer. Il s’agit d’un mécanisme naturel ancien, par lequel l’océan reconquiert progressivement son espace lorsque les équilibres sont rompus. Le cordon sableux de Ghar El Melh subissait depuis longtemps une pression continue, aggravée par le changement climatique et par des interventions humaines limitant sa capacité de régénération naturelle.

« Avec le premier choc climatique majeur, ces faiblesses sont apparues au grand jour », souligne l’expert.

La comparaison entre janvier et février 2026 rappelle ainsi une réalité souvent ignorée : les côtes ne sont pas figées. Ce sont des espaces vivants, mobiles, soumis à des dynamiques complexes. La perte du sable aujourd’hui constitue un avertissement clair pour l’avenir.

Selon Hamdi Hached, la protection du littoral ne peut plus se faire par des solutions improvisées ou purement défensives. Elle exige une approche fondée sur la compréhension scientifique des phénomènes marins, le respect des équilibres naturels et la préservation des zones tampons.

« Il ne s’agit pas de lutter contre la mer, mais d’apprendre à coexister avec elle, en lui laissant l’espace nécessaire pour retrouver son équilibre, avant qu’elle ne l’impose par la force », conclut-il.

Crédit photos : Mohamed Ali Briki

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