L’Organisation Mondiale de la Santé a annoncé plus de 900 cas suspects en République démocratique du Congo. C’est ce qu’a annoncé dans la soirée d’hier le directeur général de l’organisation. Parmi ces 900 cas, 200 ont déjà succombé, rapporte France Info.
« À mesure que les efforts de surveillance sont renforcés dans le cadre de la lutte contre Ebola en RDC, plus de 900 cas suspects ont été identifiés à ce jour, dont 101 cas confirmés », a écrit Tedros Adhanom Ghebreyesus sur X, sans mentionner de nombre de morts.
Dans un dernier bilan diffusé samedi, le ministère de la Santé du pays indiquait que l’épidémie avait causé 204 décès sur 867 cas suspects.
Un contexte épidémique sous haute tension.
Cette épidémie s’annonce comme l’une des plus graves de l’histoire d’Ebola. Elle a démarré dans une zone difficile d’accès où sévissent des groupes armés, à savoir, la province de l’Ituri en RDC. Une zone difficile d’accès et où plusieurs groupes armés se sont retranchés, rendant ainsi le travail des organisations humanitaires, à l’instar de Médecins Sans Frontières (MSF) non seulement difficile, mais s’opérant dans des conditions dangereuses.
« On est aussi en Ituri, un endroit où la population se déplace beaucoup », explique Florent Uzzeni, coordinateur des urgences MSF. « L’épidémie est en plus dans des centres urbains de plusieurs centaines de milliers d’habitants, ce qui va forcément, malheureusement, aider à sa propagation » ajoute-t-il.
La peur et la terreur règnent dans la région, générant une forte tension, notamment entre la population locale d’une part, et le personnel de santé et les acteurs humanitaires d’autre part. Cette dernière vient d’être illustrée hier par une attaque contre un centre Ebola et ont incendié les tentes installées et tenues par MSF. Cette attaque a « fait disparaître 13 patients suspects », selon une information rapportée par la radio locale Radio Okapi, et relayé par la presse internationale.
Il s’agit de la deuxième attaque de ce type en une semaine dans la région. Le centre attaqué accueillait 28 personnes suspectées d’être atteintes d’Ebola. Au moins 13 d’entre elles ont pris la fuite et restent introuvables, a indiqué Richard Lokudi, directeur médical de l’hôpital de Mongbwalu, cité par Radio Okapi. Ceci rend la possibilité de cerner le virus encore plus difficile. Bien au contraire, il faut s’attendre à un élargissement de sa zone de propagation.
Cette nouvelle attaque contre des infrastructures de lutte contre Ebola intervient quelques jours après l’incendie d’un centre de traitement à Rwampara, où des proches d’un homme soupçonné d’être mort d’Ebola avaient protesté après s’être vu refuser la restitution du corps.
Les organisations humanitaires alertent sur la montée de la peur, de la désinformation et de la méfiance envers les autorités sanitaires dans l’est de la RDC, où l’insécurité et la faiblesse des infrastructures compliquent la gestion de l’épidémie.
Le virus reste très actif et les corps des victimes d’Ebola hautement contagieux et peuvent transmettre le virus lors des rites funéraires traditionnels. Les autorités prennent ainsi souvent en charge les enterrements des cas suspects, une pratique qui provoque régulièrement des tensions avec les familles.
Le virus Ebola continue sa propagation. Après plus de 200 morts probables en République démocratique du Congo, l’épidémie menace directement dix autres pays africains. Alors chacun tente tant bien que mal de limiter la propagation.
« Nous avons connu beaucoup de difficultés, notamment une résistance de la part des jeunes et de la communauté », déclare David Basima, chef d’équipe à la Croix-Rouge en RDC. On compte déjà plus de 200 morts en République démocratique du Congo
Krimi Abderrazek