Economie chinoise : Les clés d’une croissance qui résiste et progresse durablement

Your browser does not support the audio element.
Par WAN Li,
Ambassadeur de la République populaire de Chine

Actuellement, la scène internationale est complexe et instable, marquée par la montée de la pensée de démondialisation, du protectionnisme commercial et de l’unilatéralisme. Ces faits ont gravement perturbé l’ordre économique et commercial mondial et posent d’énormes défis au développement économique global.
Dans ce contexte, l’économie chinoise continue de progresser malgré les pressions et les contraintes et affiche une dynamique de développement stable et positive. Le rapport sur la situation économique nationale de la Chine au premier semestre 2025 vient d’être publié. Selon les estimations préliminaires, le Produit Intérieur Brut (PIB) au premier semestre a atteint 66000 milliards de yuans RMB (environ 9200 milliards de dollars USD), soit une croissance de 5,3% en volume par rapport à l’année précédente, affirmant la grande résilience et la vitalité de l’économie chinoise.
Pourquoi l’économie chinoise maintient-elle une croissance stable ?
La croissance économique chinoise compte principalement sur la demande intérieure. Face à un environnement externe complexe et instable, la Chine place le point d’appui du développement sur l’élargissement de la demande intérieure et le renforcement de la circulation économique domestique. Une série de mesures politiques ont permis de stimuler efficacement le potentiel de la demande intérieure, en apportant, progressivement, une dynamique au marché domestique de la consommation. Au premier semestre, les ventes au détail de biens de consommation en Chine ont augmenté de 5% en glissement annuel, avec une croissance de 5,4% au deuxième trimestre, marquant ainsi une progression continue sur quatre trimestres consécutifs. La demande intérieure constitue désormais le principal moteur de la croissance économique chinoise. Au premier semestre, les dépenses de consommation finale ont contribué à hauteur de 52% à la croissance du PIB, soit une augmentation de 7,5 points de pourcentage par rapport à l’année précédente. Dans l’ensemble, la demande intérieure a contribué à 68,8 % de la croissance économique.
L’innovation entraîne la montée en gamme de la structure économique chinoise. En tant que l’un des marchés les plus compétitifs au monde, la Chine a, au fil d’un processus de la sélection par élimination, fait émerger des chaînes industrielles et d’approvisionnement dotées d’une compétitivité mondiale. Au cours de l’année écoulée, la valeur des investissements de la célèbre société britannique Baillie Gifford en Chine a augmenté de 38%, et celle-ci demeure confiante dans les perspectives du marché et de l’économie chinoise. Dans un récent rapport, Baillie Gifford souligne que la Chine dispose d’un vaste marché intérieur et d’un immense réservoir de compétences, ce qui lui permet de mettre en œuvre plus rapidement que d’autres pays des innovations à grande échelle. La Chine est ainsi passée du statut de « usine du monde » à « exportateur de technologies », initiant une révolution de l’efficacité. Des innovations technologiques, telles que le grand modèle d’intelligence artificielle (IA) DeepSeek ou les robots humanoïdes, ouvrent de nouveaux espaces pour le saut industriel, entraînant l’ascension vers de nouvelles hauteurs et la transformation intelligente des industries, tout en attirant l’attention des acheteurs du monde entier. Au premier semestre de cette année, la valeur ajoutée des grandes entreprises de l’industrie manufacturière de haute technologie a augmenté de 9,5% en glissement annuel ; l’offre de produits intelligents haut de gamme a continué sa progression, la production d’équipements d’impression 3D et de robots industriels ayant progressé,  respectivement, de 43,1% et 35,6 %. L’essor et l’application des grands modèles d’IA ont considérablement accru la demande en puissance de calcul, ce qui a engendré une multiplication par 1,3 de la production de serveurs.
La demande mondiale pour les produits chinois de qualité reste forte. Au premier semestre, les exportations chinoises de production verte, telles que les véhicules électriques, les batteries au lithium et les cellules photovoltaïques, ont progressé de 12,7 %. En mai dernier, la part de marché des véhicules hybrides chinois en Europe a atteint un niveau record historique, les consommateurs ayant exprimé leur confiance par leurs choix d’achats. Selon une étude de l’Agence internationale de l’énergie, afin d’atteindre l’objectif de neutralité carbone, les ventes mondiales de véhicules électriques devraient atteindre environ 45 millions d’unités d’ici 2030, alors que la production mondiale de véhicules électriques en 2024 était d’environ 17,7 millions d’unités. Ce fait confirme, une fois de plus, que les productions vertes de qualité à l’échelle internationale ne sont pas en surcapacité, mais au contraire gravement insuffisantes. L’industrie manufacturière chinoise, guidée par une stratégie de développement axée sur l’innovation et la qualité, fournit des produits de haute qualité pour soutenir la transition verte mondiale.
Face à la situation internationale marquée par les changements et les turbulences, la croissance stable de l’économie chinoise apporte plus de stabilité à l’économie mondiale. La Chine continuera d’élargir son ouverture de haut niveau. Elle est le premier partenaire commercial de l’Afrique depuis 16 ans consécutifs et le deuxième plus grand marché d’importation mondial. L’année dernière, les importations chinoises ont atteint 18 000 milliards de yuans (environ 2 500 milliards de dollars), qui est un record historique. La part de l’excédent commercial dans le PIB chinois diminue d’année en année, passant de 7,5 % en 2007 à environ 2% en 2024. Au premier semestre de cette année, la Chine a enregistré une croissance de ses échanges commerciaux avec plus de 190 pays et régions, pour un montant total d’importations de 8 800 milliards de yuans (environ 1 200 milliards de dollars). Le vaste marché chinois continue d’apporter une contribution majeure au développement mondial. En juin dernier, le président chinois Xi Jinping a affirmé, dans la lettre de félicitations adressée à la réunion ministérielle des coordinateurs de la mise en œuvre des actions de suivi du Forum sur la Coopération sino-africaine (FOCAC), que la Chine est prête à conclure avec la partie africaine des accords-cadres de partenariat économique pour le développement partagé. L’objectif étant de mettre en œuvre des exemptions de droits de douane à 100 % sur les produits des 53 pays africains ayant des relations diplomatiques avec la Chine, et de faciliter encore davantage les exportations vers la Chine des produits des pays africains les moins avancés. La Chine mettra son vaste marché au service de nouveaux moteurs de croissance pour ses partenaires du Sud global, dont l’Afrique.
L’ouverture et la coopération sont la meilleure voie pour réaliser des bénéfices mutuels et des résultats gagnant-gagnant à la hauteur des aspirations des peuples. La Chine est prête à partager ses opportunités de développement avec les pays africains, dont la Tunisie, et à promouvoir ensemble la mise en œuvre concrète des acquis du sommet de Beijing du FOCAC. Avec la « clé d’or » de la coopération sino-africaine, la Chine entend ouvrir la « porte d’un avenir partagé » du développement commun avec l’Afrique, et contribuer au développement et à la dynamisation des pays africains, y compris la Tunisie, par la modernisation à la chinoise.

Related posts

Histoires d’eau

Une femme condamnée à 8 ans de prison pour trafic d’organes entre la Tunisie et la Türkiye

Intelligence artificielle : 4 000 comédiens français tirent la sonnette d’alarme et réclament un cadre strict