La municipalité de Tunis franchit un pas dans la gestion des déchets ménagers. Samah Daldoul, chargée de la gestion de la municipalité, a présidé ce lundi une réunion de travail au palais municipal de la Kasbah. Cette rencontre a réuni des représentants de l’association « Pour une Tunisie Propre » ainsi qu’une entreprise tunisienne spécialisée dans la collecte et la transformation des huiles alimentaires usagées en biocarburants.
Selon un communiqué publié à l’issue de cette réunion, cette initiative s’inscrit dans une volonté de protection de l’environnement et de renforcement de l’économie circulaire. La ville souhaite s’engager activement dans le programme national « ValoZit », supervisé par l’Agence Nationale de Gestion des Déchets. Par ailleurs, cette démarche vise à structurer une filière jusqu’ici largement informelle.
Le programme « ValoZit » poursuit plusieurs objectifs complémentaires. Il s’agit d’abord d’organiser la collecte des huiles domestiques usagées auprès des citoyens. D’autre part, l’initiative cherche à empêcher leur rejet sauvage dans la nature, une pratique encore courante. Qui plus est, elle vise à éviter leur déversement dans les réseaux d’assainissement, source de dégradations coûteuses pour les infrastructures publiques.
La municipalité a alerté sur des données particulièrement préoccupantes concernant ce type de déchet. La Tunisie gaspille chaque année plus de 50 000 tonnes d’huiles alimentaires usagées. Ce volume considérable entraîne une pollution grave de l’environnement, les huiles déversées dans la nature contaminant les sols et les nappes phréatiques. Par conséquent, l’obstruction fréquente des conduites d’égouts vient s’ajouter à ce bilan, générant des coûts d’entretien supplémentaires pour les services d’assainissement.
L’impact de ce gaspillage est particulièrement critique durant le mois de Ramadan. Cette période connaît un pic de consommation d’huiles de friture, augmentant mécaniquement le volume des déchets à traiter. La mise en place d’une filière de collecte structurée permettrait de capter une partie de ces huiles avant qu’elles ne soient rejetées dans l’environnement.
L’entreprise tunisienne associée à ce projet apporte son expertise dans la collecte, le traitement et la transformation des huiles usagées. Ces déchets deviennent ainsi une matière première pour la production de biocarburants, bouclant la boucle de l’économie circulaire. La municipalité de Tunis devient par conséquent un maillon actif de cette chaîne de valorisation, en facilitant la collecte sur son territoire et en sensibilisant les habitants aux bonnes pratiques. Les prochaines étapes devraient préciser le calendrier de déploiement de ce programme dans les quartiers de la capitale.