Samedi soir, le théâtre de plein air de Hammam-Lif s’est transformé en une grande fête. Ce soir-là, le théâtre a accueilli le groupe algérien El Besta, qui a réveillé le raï des années 80, celui qui parle d’amour et de vie. Venus nombreux, les festivaliers n’ont pas tardé à se lever pour reprendre les chansons par cœur.
Sur scène, le groupe a installé une ambiance chaleureuse. Très vite, une belle complicité s’est créée avec le public, comme dans une fête de famille : on chantait ensemble, sans distance. Portée par l’accordéon, la derbouka, mais aussi par la guitare, la musique mêlait la tradition du raï à des sonorités plus modernes, tendres et vibrantes, et elle a vite réchauffé la soirée.
Il n’a pas fallu longtemps pour que le public de Boukornine se laisse emporter. Dès les premières notes, les voix des spectateurs répondaient à celles du groupe tout au long de la soirée. Les grands succès se sont enchaînés, de « Baïda mon amour » à « Ma Tejbdoulich », sans oublier les classiques du raï repris à leur manière. Puis est arrivé le moment de « Wahrane ». Le temps de cette chanson, les lumières se sont éteintes et des milliers de téléphones se sont allumés dans la nuit : une ambiance de rêve et une interaction hors du commun, comme suspendues dans le temps, qui resteront l’un des grands moments de la soirée. Deux générations réunies par la même musique : c’est aussi ça, la magie du raï. Car le raï est bien plus qu’une musique. C’est une façon de raconter la vie, ses joies comme ses peines, sans détour. C’est aussi une musique pleine de nostalgie qui rappelle une époque, des souvenirs d’enfance et des soirées d’autrefois. En l’écoutant, chacun a pu se replonger dans ses propres souvenirs, le temps d’une chanson.
Désormais installé parmi les groupes que le public tunisien réclame, El Besta a prouvé à Boukornine qu’il méritait sa belle réputation, qu’il a su conquérir bien au-delà des frontières algériennes. Une soirée réussie de bout en bout, chaleureuse et pleine de vie, qui laissera un beau souvenir de cette 44ᵉ édition. Avec cette nuit de raï, Boukornine a gagné son pari : celui d’ouvrir sa scène à un autre style de musique et d’offrir à son public une belle découverte.
Khouloud Azzabi