Avec la série ramadanesque « Khottifa » diffusée sur la chaîne de télé privée El Hiwar Ettounsi à partir de ce jeudi 19 février 2026, la réalisatrice Sawsen Jemni a pu frapper fort dès les premières minutes. Nous ne sommes qu’à l’épisode 1 et pourtant l’atmosphère est déjà chargée, presque étouffante. La réalisatrice installe un climat qui annonce que rien ne sera superficiel.
La série semble vouloir explorer des territoires sensibles : culpabilité, secrets, rapports de pouvoir et fragilité humaine. Cette complexité donne une profondeur rare à une entrée en matière souvent négligée dans les feuilletons. Les personnages évoluent dans des zones d’ombre et c’est précisément cette ambiguïté qui nourrit l’intérêt du spectateur.
Bien sûr, tout n’est pas encore clair. Certains éléments restent flous. Certains personnages demandent à être davantage développés. Mais ce premier épisode laisse entrevoir une œuvre ambitieuse, prête à aborder des thématiques sensibles avec frontalité.
Le retour marquant d’une grande actrice
L’un des moments forts de cet épisode est le retour de Lamia Amri dans le rôle de la mère de Youssef. Dès son apparition, quelque chose change dans la dynamique de la série.
Sa présence impose le respect. Elle n’a pas besoin de longs monologues pour s’imposer. On sent chez elle une retenue maîtrisée, une capacité à exprimer la douleur sans excès. Ce qui frappe surtout, c’est la justesse. Sa performance n’est pas passée inaperçue et a fortement marqué le public.
Sur le plan visuel, la mise en scène privilégie les cadres serrés et une lumière parfois crue, accentuant le réalisme. La caméra n’embellit pas, elle observe. Elle s’approche des visages pour capter la moindre fissure émotionnelle.
La caméra s’approche. Elle observe. Elle insiste. Elle ne fuit pas les failles. Les scènes sont parfois courtes, parfois tendues, mais toujours chargées d’une énergie retenue. Cette approche donne au récit une dimension qui renforce l’impression d’authenticité.
Maintenant, il ne nous reste plus qu’à suivre le développement des événements.
Une chose est certaine : après ce premier épisode, on ne reste pas indifférent. On ne regarde pas passivement. Cette série réussira-t-elle à maintenir cette profondeur tout au long des prochains épisodes ? On verra bien.
Khouloud Azzabi