L’Association tunisienne des jeunes avocats tient ce vendredi son assemblée générale ordinaire de la troisième année du mandat 2023-2026 à la Maison de l’avocat. Cette réunion sera consacrée à la lecture des rapports moral et financier, à leur discussion et approbation, ainsi qu’à l’élection du bureau de vote chargé de superviser l’assemblée générale élective.
Quant à l’assemblée générale élective, dédiée à l’élection du président de l’association et des membres du bureau exécutif, elle se tiendra demain, le 9 mai 2026, dans un contexte particulièrement sensible pour la profession d’avocat et plus largement pour la scène politique et judiciaire tunisienne.
En effet, cette échéance intervient à un moment où le climat politique demeure marqué par de fortes tensions autour des questions liées aux libertés publiques, à l’indépendance de la justice et au respect des garanties du procès équitable.
La profession d’avocat traverse également une période de profondes mutations et de nombreux défis. Les jeunes avocats font face à des difficultés économiques croissantes, à une concurrence accrue, ainsi qu’à des conditions d’exercice souvent précaires. A cela s’ajoutent les transformations liées à la modernisation du système judiciaire, à la digitalisation des procédures et aux attentes grandissantes des citoyens envers la justice.
L’avenir de la profession en débat
Pour beaucoup d’observateurs, les prochaines élections de l’Association tunisienne des jeunes avocats dépassent ainsi le simple renouvellement des structures internes. Elles constituent un moment important de débat sur l’avenir de la profession, sur la place de l’avocat dans la société tunisienne et sur la capacité des organisations professionnelles à défendre les droits et libertés dans une période d’incertitudes.
Pour rappel, l’Association tunisienne des jeunes avocats s’est imposée, depuis sa création le 7 mai 1970, comme une institution majeure du barreau tunisien. Fondée par une génération d’avocats engagés pour la justice, les libertés et la dignité de la profession, elle a rapidement dépassé le cadre corporatif pour devenir un espace de réflexion, de formation et de militantisme juridique.
Tout au long de son parcours, l’association a défendu les intérêts des jeunes avocats tout en jouant un rôle important dans la promotion des droits de l’Homme, des libertés publiques et de l’indépendance de la justice. Elle a également contribué à former plusieurs générations d’avocats attachés à l’éthique professionnelle et à la primauté du droit.
Parmi ses fondateurs figure Maître Abderrahmane Al-Hila, premier président de l’association, dont l’engagement a fortement marqué l’identité et le rayonnement de cette institution.
Plus de cinquante ans après sa création, l’Association tunisienne des jeunes avocats demeure une référence dans la défense des valeurs démocratiques, de la justice et de l’État de droit en Tunisie.