Emploi des jeunes : La Banque mondiale présente ses projections démographiques pour les pays en développement

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Les projections démographiques dessinent un horizon préoccupant pour l’emploi dans les pays en développement. Selon les chiffres présentés par la Banque mondiale, environ 1,2 milliard de jeunes devraient intégrer le marché du travail au cours des dix à quinze prochaines années. Cette donnée place des pays comme la Tunisie face à une équation économique complexe.

Ajay Banga, président du Groupe de la Banque mondiale, a souligné que le monde n’a jamais connu un tel afflux de nouveaux arrivants sur le marché de l’emploi. Les économies des pays concernés ne seront en mesure de créer que 400 millions d’emplois durant cette période. Par conséquent, un fossé d’environ 800 millions de postes manquants se creuse entre l’offre et la demande. Cette situation expose ces nations à un double défi, à la fois économique et sécuritaire.
Le président de l’institution prévient que tout retard d’investissement pour répondre aux besoins de cette jeunesse créera une pression accrue sur les institutions. D’autre part, une recrudescence de la migration irrégulière est à prévoir, les jeunes cherchant par tous les moyens une issue à leur situation. Qui plus est, des conflits et une insécurité croissante pourraient émerger, amplifiant les tensions sociales déjà existantes dans plusieurs régions.
Pour faire face à cette crise, Ajay Banga recommande une stratégie axée sur trois piliers fondamentaux. Le premier concerne l’infrastructure humaine et physique. Aucun investissement privé ne peut prospérer sans électricité fiable, transports efficaces, éducation de qualité et services de santé accessibles. L’investissement dans le capital humain est jugé tout aussi crucial que les infrastructures matérielles. L’objectif est d’aligner la formation sur la demande réelle du marché afin que les diplômés puissent décrocher un emploi ou lancer leurs propres projets.
Le deuxième pilier porte sur l’amélioration du climat des affaires. Il s’agit d’instaurer des règles claires et des réglementations stables pour réduire l’incertitude et faciliter l’entrepreneuriat. La création d’emplois à grande échelle repose sur le secteur privé, en particulier sur les micro, petites et moyennes entreprises, qui sont les principaux pourvoyeurs de travail.
Le troisième volet concerne le soutien à l’expansion des entreprises. Les efforts doivent se concentrer sur les secteurs à fort potentiel de recrutement. Cinq domaines clés ont été identifiés. L’infrastructure et l’énergie figurent en tête de liste. Par ailleurs, l’agro-industrie et les soins de santé primaires offrent des perspectives intéressantes. Le tourisme, secteur vital pour l’économie tunisienne, est également cité, tout comme l’industrie manufacturière à haute valeur ajoutée.

D’ici 2050, plus de 85 % de la population mondiale vivra dans les pays en développement. Cette concentration représente la plus grande expansion de la main-d’œuvre de l’histoire. La Banque mondiale y voit une opportunité de croissance pour les futurs marchés de consommation et de production. Les décisions prises aujourd’hui par les gouvernements détermineront si cette jeunesse nombreuse devient un moteur économique ou un facteur d’instabilité dans les décennies à venir.
MBY

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