Le président américain Donald Trump s’est longuement exprimé mardi 23 septembre 2025 à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU dépassant largement, et précisément par quatre fois, le temps normalement imparti de quinze minutes. Le caractère décousu de cette allocution et son ton vindicatif ont beaucoup fait rire. Doué comme aucun autre pour mettre les rieurs de son côté, il a présenté le visage d’une Amérique laide du rire mauvais. Celle, aussi, de la haine raciste, islamophobe, messianique ou simplement politique et idéologique, mais le fond, enflammé et à grands renforts d’approximations et de contre-vérités, est beaucoup plus sinistre. On sait depuis longtemps qu’il est habitué à aligner les mensonges en rafale, mais leur ton débraillé, leur verbe flamboyant, leur rythme endiablé et leur énormité se sont intensifiés dans ce fameux discours.
Faire la leçon au monde entier en attaquant le multilatéralisme, la transformation écologiste de l’économie, le consensus scientifique sur le climat, les politiques migratoires des alliés européens, les institutions onusiennes, tous les piliers de l’actuel ordre mondial et le droit des peuples de voir leurs indépendances et leurs souverainetés respectées, est donc du pur populisme. Une forme de chaos politique démontrant que la loi suprême du président américain fut une ambition démesurée qui lui fit, tour à tour et selon ses obsessions, trahir l’autorité morale d’une superpuissance et ridiculiser son rôle de leadership.
Il faut reconnaître que, de tous les présidents américains depuis la création de ce pays, il n’y en a point un seul dont le comportement inspire un danger aussi inquiétant que celui de Donald Trump, il n’y en a point un seul dont les discours et les déclarations forment une chaîne aussi longue et aussi serrée de menaces, avec une arrogance et une folie qui n’avaient point eu de modèles, et qui n’ont point encore trouvé d’imitateurs. Il est d’une humeur plus martiale encore que n’avaient été les plus belliqueux de ses prédécesseurs.
Aiguillonné par son insolence et une présomption maladive, Trump poursuit sa fuite en avant qui lui enlève entièrement le mérite de la crédibilité d’un président de la première puissance mondiale. Ainsi, pour lui, le patriotisme va jusqu’à ce fanatisme qui se fait «honneur» de fouler aux pieds le droit international, l’ordre mondial, les valeurs les plus sacrées de l’humanité. Pour lui, la coopération internationale se change en un chantage tyrannique, en une défiance abusive. Pour lui, l’honneur national devient une ambition dévorante, qui lui fait entreprendre d’enlever aux autres peuples, dont les alliés, leur dignité.
Au premier aspect, ses qualités brillantes d’orateur éblouissent les yeux, mais si l’on en considère le principe, qui ne fut autre que l’envie d’exploiter, de dominer et d’écraser, l’admiration s’éteint. Sa conduite équivoque dans les conflits qui traversent le monde, le rend suspect, la guerre commerciale ouverte qu’il entreprend contre tous les pays du monde, dont ses alliés, démasque ses ambitions impérialistes, celle qu’il déclare contre les immigrés, montre un racisme viscéral qui se portait à la cruauté, enfin, son soutien aveugle, inconditionnel et invétéré au génocide à Gaza, ses attaques virulentes et truffées d’affirmations trompeuses ou fausses contre le droit des Palestiniens à un Etat libre, indépendant et souverain, résument bien une terrible idée de règne menaçant et une humeur martiale toujours déployée pour intimider, offenser et attaquer mettant en péril le monde entier.
Qu’on se rappelle les tyrans les plus terribles de l’Histoire, et l’on aura une juste idée d’une folie des grandeurs qui ne fut qu’un tissu d’infamie et d’horreurs.