Les exportations tunisiennes de produits miniers, de phosphates et de dérivés ont augmenté de 15 % en 2025. Cette progression marque un rebond après la contraction enregistrée en 2024. Elle relance la stratégie gouvernementale visant à faire du secteur minier un levier pour renforcer les recettes en devises et atténuer les déséquilibres extérieurs.
L’Institut national de la statistique (INS) a publié les données du commerce extérieur pour l’année 2025. Les exportations totales de la Tunisie atteignent 63,695 milliards de dinars, soit 19,30 milliards d’euros. Elles augmentent de 2,6 % par rapport à l’année précédente. Parallèlement, les importations s’élèvent à 85,495 milliards de dinars, l’équivalent de 25,90 milliards d’euros, en hausse de 5,5 %. Par conséquent, le déficit commercial se creuse pour atteindre 21,800 milliards de dinars, soit 6,60 milliards d’euros. Le taux de couverture des échanges chute à 74,5 %.
La hausse de 15 % dans le secteur des mines, des phosphates et de leurs dérivés s’accompagne d’une croissance de 8,7 % dans les industries mécaniques et électriques. En revanche, d’autres secteurs enregistrent des contre-performances. Les exportations d’énergie baissent de 30,2 %. Les exportations agroalimentaires reculent de 7,4 %, principalement en raison de la diminution de la valeur de l’huile d’olive exportée. Par ailleurs, la reprise du secteur des phosphates est interprétée comme un signe de redressement après des années de difficultés de production et de logistique.
Sur le plan de la politique économique, l’objectif affiché est de ramener le secteur à des niveaux permettant une contribution plus stable aux recettes en devises et à la balance commerciale. Des interventions sont prévues dans les secteurs minier, ferroviaire et de la modernisation des infrastructures. Il faut rappeler que le secteur minier avait un impact considérable avant 2011. La production de phosphate avait atteint un pic au début des années 2010 avant de diminuer les années suivantes. Le gouvernement a confirmé son objectif de 14 millions de tonnes par an d’ici 2030, conformément au plan de relance annoncé en 2025.