Dans un communiqué rendu public ce lundi 19 janvier 2026, le Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie (CRLDTH) a réagi à l’extradition de Seifeddine Makhlouf, avocat et ancien député, vers la Tunisie.
Les autorités algériennes, rappelons-le, ont procédé à cette extradition dimanche 18 janvier 2026, par voie terrestre, dans l’après-midi. Makhlouf, qui se trouvait dans un centre d’hébergement placé sous la supervision du Haut-Commissariat aux réfugiés, a été transféré directement aux autorités tunisiennes. Me Makhlouf avait été condamné à plusieurs reprises par les juridictions tunisiennes dans le cadre de l’affaire dite de l’aéroport et de l’affaire du « couloir », et avait fait l’objet d’une interdiction d’exercer sa profession d’avocat par la justice militaire. Il avait quitté la Tunisie clandestinement et avait été arrêté en Algérie, où il a purgé une peine de trois mois avant d’être placé sous la supervision du Haut-Commissariat aux réfugiés.
Dans ledit communiqué, le CRLDTH a souligné que cette opération s’est déroulée sans aucune garantie judiciaire effective ni possibilité de recours.
Le comité a qualifié cette extradition de « manœuvre hors du cadre légal » et a souligné l’absence de toute garantie judiciaire effective pour Me Makhlouf. Selon le CRLDTH, cette décision s’est déroulée en contradiction avec les engagements internationaux de l’Algérie et avec la convention d’entraide judiciaire tuniso-algérienne du 15 décembre 2021, qui prévoit le refus de l’extradition en cas de violation des droits de l’homme ou de crimes à caractère politique.
Le comité a également exprimé sa « consternation » face à l’absence de réponse positive des autorités qataries et turques aux demandes d’admission humanitaire formulées pour Me Makhlouf, et a appelé à sa libération provisoire immédiate ainsi qu’au respect de ses droits à un procès équitable.
Le comité a fini par dénoncer « l’absence de toute voie de recours judiciaire » tout en appelant les autorités tunisiennes et algériennes à garantir le respect des droits fondamentaux de Me Makhlouf.