Fermeture de l’INAI : le SNJT dénonce un recul démocratique

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Le Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT) a exprimé son indignation après la décision de l’autorité tunisienne de fermer le siège de l’Instance nationale d’accès à l’information (INAI) et de transférer ses employés au sein de la présidence du gouvernement. Pour le Syndicat, cette mesure constitue un « recul grave du droit d’accès à l’information » et s’inscrit dans une logique de politique de l’opacité et de contrôle de l’information.

Selon le Syndicat, cette décision reflète une volonté de détruire l’indépendance des organes publics et de revenir à un modèle où l’information est filtrée et manipulée. Le Syndicat rappelle que la fermeture d’autres structures indépendantes, telles que la Haute Autorité Indépendante de la Communication Audiovisuelle (HAICA) ou la Instance nationale de lutte contre la corruption (INLUCC), s’inscrit dans la même logique de contournement des institutions et de restriction de la transparence.

Depuis plusieurs années, la presse tunisienne rencontre des obstacles récurrents dans l’accès aux informations officielles, où certaines administrations pratiquent la rétention et le secret excessif des données. L’INAI constituait jusqu’ici un outil majeur pour faire respecter la loi et soutenir le travail des journalistes. Sa suspension, selon le Syndicat, traduit un choix délibéré des autorités pour imposer une communication contrôlée et limiter le journalisme d’investigation.

Le Syndicat dénonce également un dépassement des prérogatives du Parlement, rappelant que selon la loi n°22 de 2016, le législateur détient le pouvoir de nommer et de renouveler les membres de l’INAI. La mesure actuelle vide de son sens cette prérogative et prive les députés d’un outil de contrôle essentiel sur l’exécutif.

Face à cette situation, le Syndicat :

  • Tient l’autorité responsable de cette décision et exige la réouverture immédiate de l’INAI, avec la pleine possibilité pour ses employés de remplir leurs missions et garantir la transparence.
  • Appelle le Parlement à protéger les institutions indépendantes, telles que l’INAI, la HAICA et l’INLUCC, et à pourvoir rapidement les postes vacants pour assurer le fonctionnement de ces organes.
  • Invite toutes les administrations à faciliter l’accès à l’information, et à mettre en place des mécanismes de sanction contre ceux qui entravent ce droit constitutionnel et légal.

Le Syndicat conclut en soulignant que cette fermeture menace directement le pluralisme et la liberté de la presse, et appelle tous les journalistes et acteurs de la société civile à résister à cette tentative d’étouffer l’information. Selon le Syndicat, le droit d’accès à l’information n’est pas un choix politique, mais un principe fondamental inscrit dans la Constitution.

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