Dès ce samedi 21 février, la Médina de Tunis s’illumine pour célébrer la 42e édition de son festival emblématique. Sous la direction de Chedly Ben Younès, cet événement majeur des nuits ramadanesques se donne pour mission de faire vibrer le cœur historique de la capitale en mariant la noblesse du patrimoine séculaire à l’audace de la création contemporaine. En réinvestissant des lieux chargés d’histoire tels que le centre Tahar Haddad, Dar Lasram ou la Medersa Bir Lahjar, le Festival de la Médina réaffirme son ancrage profond dans l’identité de la cité tout en s’adaptant aux contraintes techniques actuelles. Ainsi, pour pallier l’absence de l’église Sainte-Croix, l’affiche s’offre le prestige du Théâtre municipal, dont la réouverture exceptionnelle garantit aux spectateurs une qualité acoustique et un cadre à la hauteur des ambitions de cette édition.
La programmation de cette année a été pensée comme un véritable passage de témoin, mêlant la fougue des talents émergents à la maîtrise des grandes figures de proue. Si le jeune et talentueux Zied Mehdi aura l’honneur de donner le coup d’envoi des festivités, c’est à la voix de Nabila Karawli, véritable enfant du festival, que reviendra la mission de clore l’événement en apothéose. Au-delà des murs de la capitale, cette 42e édition affirme son rayonnement national en intégrant des projets d’excellence venus de Bizerte et de Sfax, sélectionnés avec rigueur parmi plus d’une centaine de propositions. Le festival se fera également le gardien de la mémoire collective en rendant des hommages poignants à deux piliers de la culture tunisienne, Fadhel Jaziri et le maître Zied Gharsa, dont les œuvres continuent de façonner l’imaginaire musical du pays.
Le voyage artistique débutera au Théâtre municipal avec la création « Riyad Al Ashiqin » de Zied Mehdi, ouvrant une première semaine riche en explorations sonores. La Médina vibrera successivement aux rythmes des « Taqassim » de Faouzi Chekili à Dar Lasram, du «Charme de la mélodie سحر النغم» de Malek Abdelmoula, ainsi qu’aux traditions du Club de Malouf de Bizerte à Bir Lahjar. La programmation explorera également des sonorités hybrides avec «Sirta Nova» de Souheil Charni au centre Tahar Haddad et les « Ombres de l’Atlas ظلال الأطلس عليكم» d’Otail Maouia, avant que le projet « Sinouj » d’Ahmed Ben Jemiaâ n’investisse la scène municipale. Le mois de février s’achèvera en apothéose avec une double proposition : les « Fleurs du Tarab زهور الطرب» portées par le club Al Assil de Sfax et Mehrezia Touil au Théâtre municipal, pendant que Dar Lasram accueillera l’univers jazz d’Ahmed Ajabi ainsi que le projet international « Rythme de l’Âme ايقاع الروح» d’Amel Zdiri.
Le mois de mars s’ouvrira sur la diversité des genres, allant du théâtre avec « Kahlet El Hadeb كحلة الأهداب» de Taher Issa Belarbi, aux chants soufis de « Entre Mashreq et Maghreb بين المشرق والمغرب» d’Ahmed Jelmam. La dimension internationale du festival s’affirmera avec le Chœur de chants grecs de Tunis dirigé par Zied Ben Amor et l’escale turque « De Yunus Emre à Mevlana » à Dar Lasram. Après les performances de Makrem Ansari, Aya Daghnouj et Montasser El Amiri, le festival rendra un hommage solennel à l’œuvre monumentale de Fadhel Jaziri avec le spectacle « Hadhra ». Les mélomanes pourront également savourer les « Chants de l’Irak » d’Ali Hussein, les évasions de Haykel Sayala au oud, et les hommages vibrants rendus à Najet Al Saghira par Ikbal Jemni ainsi qu’à Zied Gharsa avec « Aâradh Ichq ». Cette célébration totale se conclura par le prestige des Slatiine El Tarab et leurs « Mouwashahat d’Alep », scellant une édition où l’art se fait le trait d’union entre le sacré, la mémoire et la solidarité humaine.