Le dernier rapport publié ce mardi 10 mars par l’Observatoire social tunisien, relevant du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux, met en évidence un recul notable des mouvements de protestation en Tunisie au cours du mois de février 2026. Au total, 335 actions protestataires ont été recensées à travers le pays, contre 501 durant le mois de janvier, soit une baisse de 166 mouvements.
Selon le rapport, ce ralentissement s’explique en partie par l’avènement du mois de Ramadan. Avant cette date, le rythme des mobilisations variait fortement, oscillant entre 1 et 100 actions par jour, avec un pic enregistré le 16 février. A partir du 19 février, la cadence a nettement diminué, le nombre de protestations quotidiennes se situant entre deux et onze actions.
Les revendications liées au droit à l’emploi continuent de dominer les mobilisations sociales. Elles représentent à elles seules 138 mouvements, soit un peu plus de 41 % de l’ensemble des protestations. Les revendications relatives aux droits civils et politiques arrivent en deuxième position avec 135 actions, soit plus de 40 % du total, dont 106 sont directement liées à des décisions judiciaires. D’autres demandes ont également été enregistrées, notamment celles portant sur la sécurité et la protection, qui ont donné lieu à 26 mouvements, ainsi que les questions liées au développement régional avec 16 actions. Les revendications environnementales et liées à l’accès à l’eau ont été au cœur de dix protestations, tandis que les questions liées aux conditions de vie ont motivé sept mobilisations. Le secteur de l’éducation, pour sa part, n’a enregistré que trois mouvements.
En ce qui concerne les formes de mobilisation, les grèves constituent la principale modalité de protestation avec 107 cas recensés, suivies par 93 rassemblements ou sit-in. Le rapport fait également état de dix grèves de la faim et de sept sit-ins prolongés. Par ailleurs, 65 communiqués de protestation ont été publiés, tandis que 35 appels de détresse ont été relayés par les médias.
La grande majorité de ces mobilisations ont été menées par des groupes mixtes, représentant 310 actions. Les mouvements exclusivement masculins ont été au nombre de 23, tandis que deux seulement ont été organisés uniquement par des femmes.
Sur le plan géographique, la capitale arrive largement en tête des régions les plus mobilisées avec 102 mouvements, soit près d’un tiers de l’ensemble des protestations enregistrées durant le mois. Elle est suivie par Gafsa avec 46 actions, Nabeul avec 24, puis Gabès avec 13. Les gouvernorats de Ben Arous et de Sfax ont chacun enregistré 12 mouvements. A l’inverse, certaines régions ont connu une activité protestataire beaucoup plus limitée, notamment Siliana avec trois actions, ainsi que Zaghouan et Mahdia avec quatre mouvements chacune.
Le rapport met également en lumière les principaux acteurs de ces mobilisations. Les enseignants et les professeurs arrivent en tête avec 73 mouvements, suivis par les travailleurs qui ont participé à 72 actions. Les militants de la société civile sont à l’origine de 61 protestations, tandis que les diplômés chômeurs ont pris part à 31 mouvements. Les syndicats ont participé à 24 actions, alors que les habitants ont été impliqués dans 23 mobilisations.
Par ailleurs, l’Observatoire social tunisien relève une augmentation des suicides et des tentatives de suicide durant le mois de février, avec neuf cas recensés contre cinq en janvier. Parmi ces cas figurent six hommes et trois femmes. L’immolation reste la méthode la plus fréquente avec six cas, suivie par la défenestration avec deux cas et la pendaison avec un cas.
Enfin, le rapport souligne que les hommes représentent 97,1 % des auteurs d’actes de violence recensés. Les violences physiques à caractère criminel constituent la majorité des cas avec 55,9 %, tandis que les violences économiques et financières représentent 23,5 %. La rue demeure le principal espace où ces violences sont enregistrées, concentrant plus de 44 % des incidents, suivie par les établissements éducatifs qui représentent plus de 20 % des cas.
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