L’Union générale tunisienne du travail (UGTT) et la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH), sections de Gabès, ont lancé ce mardi 14 octobre 2025 un appel à la mobilisation citoyenne face à ce qu’elles qualifient d’« asphyxie généralisée » qui frappe la région.
Dans un communiqué conjoint, les deux organisations dénoncent la dégradation continue de la qualité de l’air et le silence des autorités face à une situation environnementale devenue, selon elles, « intenable et dangereuse pour la santé des habitants ».
Elles appellent ainsi tous les citoyens, syndicats, associations et acteurs de la société civile à participer massivement à une marche de contestation prévue ce jeudi 16 octobre, dont le point de rassemblement sera fixé à 9h devant le siège du Groupe chimique tunisien (GCT) à Gabès.
Cette manifestation vise à interpeller les autorités régionales et centrales sur l’urgence d’agir concrètement contre la pollution industrielle qui empoisonne la région depuis plusieurs décennies.
Dans leur communiqué, l’UGTT et la LTDH pointent directement la responsabilité du Groupe chimique tunisien, accusé d’être à l’origine d’une pollution atmosphérique persistante ayant provoqué des problèmes respiratoires, des maladies chroniques et une détérioration dramatique de l’écosystème local.
Les deux organisations rappellent que les habitants de Gabès « vivent depuis des années dans un environnement saturé de gaz toxiques, de poussières chimiques et d’odeurs insupportables », sans qu’aucune mesure structurelle n’ait été mise en œuvre malgré les multiples promesses gouvernementales.
Cette mobilisation populaire intervient quelques heures seulement après les nouveaux cas d’asphyxie enregistrés à Chott Essalem et dans d’autres quartiers de Gabès, qui ont ravivé la colère des habitants et relancé le débat sur la responsabilité du complexe chimique.