La situation environnementale à Gabès devient de plus en plus préoccupante. Ce mardi 14 octobre 2025, plusieurs élèves du collège Chatt Essalem ont été victimes de malaises, d’étouffement et d’évanouissements à la suite d’une fuite de gaz émanant d’une unité du Groupe chimique tunisien. Les élèves incommodés ont été transportés au Centre hospitalo-universitaire de Gabès pour recevoir les soins nécessaires.
Il s’agit d’un nouvel épisode dans une série d’incidents similaires enregistrés ces dernières semaines. Selon des sources locales, près de 200 cas d’intoxication ont été recensés en un mois seulement, conséquence directe des émissions industrielles récurrentes. Cette situation a provoqué la colère des habitants, qui ont organisé plusieurs manifestations à Gabès et à Tunis pour dénoncer la pollution persistante et réclamer des solutions durables.
Face à cette recrudescence d’incidents, le président de la République, Kaïs Saïed, a réagi lors d’une rencontre tenue le samedi 11 octobre avec Fatma Thabet Chiboub, ministre de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, et Habib Abid, ministre de l’Environnement. Il a ordonné l’envoi d’une équipe conjointe des deux ministères au sein de l’usine d’acide phosphorique du Groupe chimique de Gabès afin d’effectuer les réparations nécessaires dans les plus brefs délais.
Kaïs Saïed a également insisté sur la nécessité d’élaborer un plan stratégique global pour mettre un terme définitif à ces dérives environnementales, en s’inspirant du projet proposé il y a plus de dix ans par des jeunes de la région. Il a affirmé suivre la situation de près et a souligné que plusieurs manquements ont été constatés, notamment dans les opérations de maintenance, d’exploitation et le non-respect des tests de sécurité obligatoires.
Le chef de l’État a averti qu’aucune tolérance ne sera accordée à ceux qui ont failli à leurs responsabilités, tout en précisant qu’il n’est pas question de laisser cette situation être exploitée à des fins politiques, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur du pays.