Le drame de la famine à Gaza a de nouveau un visage. Fahd Al-Masri, un nourrisson de six mois, est décédé au Nasser Medical Complex de Khan Younès. L’enfant souffrait de malnutrition sévère, de blocage artériel, d’une hypertrophie du foie et d’une jaunisse aiguë. Selon le personnel médical, de tels cas pouvaient autrefois être pris en charge dans les hôpitaux. Mais aujourd’hui, faute de ressources médicales, de traitements essentiels et surtout de nourriture adaptée, les enfants basculent rapidement dans des stades critiques, où la malnutrition aggrave leurs pathologies et conduit à l’issue fatale.
Les images de l’enfant, d’une intensité insoutenable, ont circulé dans certains médias locaux et sur les réseaux sociaux. Elles sont d’une telle brutalité que la rédaction de Réalités Online a choisi de ne pas les publier afin de ne pas heurter la sensibilité de nos lecteurs.
La mort de Fahd survient dans un contexte dramatique. L’ONU a confirmé en août dernier qu’une famine est officiellement en cours dans le gouvernorat de Gaza, et qu’elle devrait s’étendre aux régions de Deir Al-Balah et de Khan Younès d’ici la fin du mois de septembre. Selon un rapport présenté à Genève, plus de 500 000 personnes vivent déjà dans des conditions catastrophiques.
Les agences onusiennes alertent sur une accélération sans précédent de la malnutrition infantile. En juillet, plus de 12 000 enfants ont été identifiés comme souffrant de malnutrition aiguë, soit un record historique et une multiplication par six depuis le début de l’année. Parmi les centaines d’enfants victimes de la faim, Fahd n’est qu’un nom, une histoire parmi d’innombrables autres.
« Ce n’est pas un mystère, c’est une catastrophe causée par l’Homme, une condamnation morale et un échec de l’humanité elle-même. Les gens meurent de faim. Les enfants meurent », a déclaré le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, soulignant que l’occupation israélienne a des obligations légales pour assurer la sécurité alimentaire et médicale des civils.
L’entité sioniste bloque l’entrée de la majorité de l’aide humanitaire et a confié la distribution de vivres à une organisation israélo-américaine, très critiquée pour ses méthodes. Si les livraisons de nourriture ont légèrement augmenté depuis juillet, elles restent irrégulières et largement insuffisantes au regard des besoins.
Pour Tom Fletcher, responsable de la coordination humanitaire des Nations Unies, « c’est une famine que nous aurions pu éviter si on nous l’avait permis. La nourriture s’accumule aux frontières, bloquée par l’obstruction systématique de l’entité sioniste».
António Guterres a de nouveau appelé à « un cessez-le-feu immédiat, la libération des otages et un accès humanitaire total et sans entrave ».
Selon les critères internationaux, une famine est déclarée lorsque :
au moins 20 % des foyers font face à un manque extrême de nourriture,
au moins 30 % des enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition aiguë,
et au moins deux personnes sur 10 000 meurent de faim chaque jour.