Le processus d’échange des otages israéliens et des prisonniers palestiniens a officiellement débuté, ce lundi 13 octobre 2025, dans la bande de Gaza, marquant la première phase du plan de paix proposé par le président américain Donald Trump pour mettre fin à la guerre et amorcer une nouvelle ère de stabilité dans la région.
La Commission internationale de la Croix-Rouge (CICR) a confirmé avoir reçu une première vague de sept otages israéliens, avant de les remettre aux autorités d’occupation. Treize autres devraient suivre dans la journée, selon un communiqué officiel.
Selon les termes de cette première phase, tous les otages israéliens encore en vie à Gaza — au nombre de 20 — seront libérés progressivement, en parallèle à la restitution de 28 corps retrouvés sous les décombres des bombardements.
En échange, Israël doit relâcher 1 968 prisonniers palestiniens, dont 250 détenus condamnés à de lourdes peines ou à la perpétuité, ainsi que 1 718 personnes originaires de Gaza arrêtées depuis le début du conflit, le 7 octobre 2023.
Forte présence militaire autour des prisons israéliennes
Une tension palpable régnait ce matin aux abords du centre de détention d’Ofer, à l’ouest de Ramallah, où les forces d’occupation ont massivement déployé leurs troupes en prévision de la libération des détenus.
Les prisonniers concernés ont été rassemblés depuis cinq prisons centrales israéliennes : 107 à Ofer et 143 à Ketziot, dans le désert du Néguev. Ils seront d’abord transférés vers la bande de Gaza, avant de passer par le territoire égyptien, dans le cadre d’un mécanisme de supervision humanitaire.
La libération s’effectue sous le contrôle conjoint de l’Égypte, du Qatar et des États-Unis, les trois pays garants de l’accord de cessez-le-feu signé la semaine dernière.
Ces médiateurs supervisent également le respect des clauses de sécurité, l’acheminement de l’aide humanitaire et le retrait progressif de l’armée israélienne de certaines zones de la bande de Gaza.
Des familles empêchées de voyager
La presse palestinienne rapporte qu’Israël a interdit à une centaine de proches des prisonniers libérés de se déplacer pour les accueillir, invoquant des raisons de « sécurité ».
Plusieurs familles, originaires de Cisjordanie et de Gaza, ont dénoncé une mesure « cruelle et arbitraire » visant à limiter les célébrations de la libération et à empêcher toute démonstration publique de joie.
L’accord, présenté par Donald Trump le 29 septembre dernier, prévoit la fin totale de la guerre à Gaza, le retrait progressif des forces israéliennes, le déploiement d’observateurs internationaux, ainsi qu’un plan de reconstruction piloté par les États-Unis, l’Union européenne et plusieurs pays arabes.
Le président américain a qualifié l’événement d’« étape historique vers la paix », tandis que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a salué « un succès diplomatique majeur », allant jusqu’à affirmer que « Trump mérite le prix Nobel de la paix ».
Du côté palestinien, la méfiance reste de mise. Des responsables du Hamas ont accusé Israël de « manipuler les listes de prisonniers » et de retarder volontairement certaines libérations.
Malgré cela, les scènes de joie dans plusieurs camps de réfugiés témoignent de l’importance symbolique de ce premier échange depuis le début de la guerre.
Alors que les premières caméras ont capté les images de la Croix-Rouge recevant les otages dans la ville de Khan Younès, la communauté internationale suit de près le déroulement de l’opération.
Les chancelleries occidentales ont salué « un signe encourageant », tandis que le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a remis à Donald Trump la « Collier du Nil », la plus haute distinction du pays, en reconnaissance de son rôle dans la médiation.
Ce premier échange, bien qu’encore fragile et symbolique, ouvre une brèche dans un conflit qui a ravagé la bande de Gaza pendant deux ans, laissant derrière lui des milliers de morts et une région en ruine.
Reste à savoir si cette trêve pourra se transformer en paix durable — ou si elle ne sera qu’un nouvel épisode dans le cycle sans fin de la violence au Proche-Orient