Global Sumud Flotilla : L’humanité au secours de Gaza

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 « Le silence est synonyme non pas de neutralité mais de complicité », « Nous avons tous et toutes l’obligation morale de faire tout ce que nous pouvons pour libérer la Palestine ». Les deux citations appartiennent respectivement à l’eurodéputée franco-palestinienne Rima Hassan et à la militante suédoise pour le Climat Greta Thunberg qui ont été à bord du Madleen en juin dernier. Greta est de retour avec la plus grande flottille jamais organisée pour Gaza (Global Sumud Flotilla) dans l’objectif, toujours le même, de briser le blocus de l’enclave assiégée et attirer l’attention de la communauté internationale sur la famine et le massacre des Palestiniens. Les organisateurs et les centaines de participants volontaires sont conscients de la difficulté de la mission et des risques encourus.

Une cinquantaine de bateaux chargés d’aides humanitaires et de centaines de volontaires venant de 44 pays des cinq continents vont prendre la mer vers Gaza pour briser le blocus de l’enclave assiégée et ouvrir un couloir humanitaire solidaire. Le coup d’envoi a été donné à Barcelone, la traversée sur les eaux méditerranéennes doit rallier des dizaines d’autres navires venant de plusieurs ports des deux rives (Italie, Grèce…). La première escale a eu lieu dimanche 7 septembre au port de Sidi Bou Saïd, banlieue tunisienne. Pour des raisons techniques, le départ de Tunis a été reporté au 10 septembre.
Dimanche 07 septembre, la flottille a amarré à Sidi Bou Saïd où elle a été accueillie par une foule chauffée à blanc au rythme de « free Palestine » et des hymnes à la gloire de la Palestine. A bord, Greta Thunberg et d’autres influenceurs renommés. Parmi les plus célèbres participants à la flottille qui prendront le large de Tunis, le petit-fils de Nelson Mandela, des volontaires venus d’Algérie, du Pakistan, de Turquie et d’ailleurs. L’ambiance est euphorique, contrairement aux chances de succès de la flottille face à un gouvernement fasciste extrémiste et une armée sioniste immorale qui ont promis de stopper la flottille mondiale “Sumud” avec tous les moyens nécessaires, fussent-ils violents et contraires au droit international. A ce propos, ce gouvernement de ministres fascistes a proposé de « traiter les activistes comme des terroristes » et d’adopter une stratégie dissuasive forte. La précédente mission échouée en juin dernier, -la flottille a été interceptée par l’armée israélienne dans les eaux internationales et les volontaires arrêtés et transférés vers Israël-, et celle d’avant, le « Conscience » attaqué par un drone en mai 2025 au large de Malte-, donnent une idée des risques encourus par les navigateurs volontaires qui, cette fois, sont au moins 100 fois plus nombreux.

Qu’est-ce que la flottille de la liberté ?
La Flottille Mondiale Sumud fait partie de la flottille de la liberté pour Gaza 2025 (Gaza Freedom Flotilla), composée des navires Conscience (mai 2025), Madleen (juin 2025) et Handala (juillet 2025), elle-même constituée à l’initiative de la Coalition internationale de la Flottille de la liberté. Selon Amnesty International, la Coalition est une alliance d’organisations internationales de la société civile qui plaide en faveur des droits des Palestiniens et s’oppose au blocus maritime de Gaza par Israël qui dure depuis 18 ans. La Coalition a été créée en 2010 lorsqu’une flottille de six bateaux a quitté la Turquie dans le cadre d’une mission similaire pour briser le blocus maritime. L’un de ces bateaux, le Mavi Marmara, a été intercepté violemment par les forces israéliennes qui ont tué dix membres d’équipage. Amnesty International indique qu’une enquête des Nations unies a permis d’établir que les morts sont dues à des coups de feu et que six des personnes tuées ont été victimes d’exécutions sommaires. Aucune autre procédure visant à établir les responsabilités n’a pu être mise en place, ajoute AI, faute de coopération de la part d’Israël. Depuis, la Coalition internationale de la flottille de la liberté continue d’organiser des missions pacifiques pour briser le siège de Gaza et attirer l’attention de la communauté internationale sur la souffrance des Palestiniens.
D’où la question : comment l’armée israélienne va-t-elle s’y prendre sans provoquer un tollé mondial (un autre) et des soubresauts géopolitiques sachant que la présidente du Conseil italien Georgia Meloni a déclaré que « toutes les mesures seront prises pour protéger et sécuriser les participants italiens de la flottille » et que les dockers du port de Gênes ont menacé de bloquer le fret israélien transitant par les ports italiens et européens si la flottille était attaquée. L’impunité de l’entité sioniste aura-t-elle encore une fois le dernier mot ?
« Les organisateurs de la flottille sont conscients des risques que cette initiative comporte et se préparent au pire tout en gardant l’espoir d’un résultat optimal. Même si les bateaux n’atteignent pas leur destination, l’impact symbolique de la plus grande contestation mondiale coordonnée du blocus envoie un message fort sur la détermination croissante de la communauté internationale à mettre fin au génocide et à la famine imposés par Israël aux Palestiniens de Gaza », lit-on sur le site de l’« Association France-Palestine Solidarité ».

Menace  de paralysie  de toute l’Europe
Le Collectif autonome des travailleurs des ports (Calp), affilié à l’Unione Sindacale di Base (USB), classée en Italie à l’extrême gauche, qui regroupe une partie des dockers italiens, a menacé de « paralyser toute l’Europe » et de bloquer toutes les cargaisons vers Israël si la communication avec la Global Sumud Flotilla, ces 25 navires chargés d’aide humanitaire à destination de Gaza, était interrompue.
« Si nous perdons le contact avec nos bateaux, avec nos camarades, ne serait-ce que vingt minutes, nous paralyserons toute l’Europe ».

Une caravane internationale coordonnée
Le départ, depuis Sidi Bou Saïd, concernait 127 participants tunisiens, rejoints par des militants arabes et étrangers. La flottille méditerranéenne, composée de navires partis d’Espagne, d’Italie et de Grèce, rassemblera plusieurs centaines de personnes.
La cargaison transportera notamment du lait pour enfants et des médicaments destinés aux habitants de Gaza.

Incident à Sidi Bou Saïd : Enquête en cours
Un incendie s’est déclaré lundi soir à bord d’un navire amarré dans le port. Le ministère de l’Intérieur a démenti tout ciblage par un drone.
Selon le ministère, les unités de sécurité spécialisées ont constaté les traces de l’incendie sur certains gilets de sauvetage, rapidement maîtrisé. Aucun dommage humain ni matériel n’a été enregistré, hormis la destruction de quelques gilets.
Selon les informations recueillies, une unité de sécurité spécialisée avait été dépêchée pour enquêter sur cet incident. Les autorités ont collecté toutes les informations fournies et l’enquête est désormais confiée à une unité spécialisée.
Malgré cet incident, le départ de la flottille a été maintenu depuis le port de Sidi Bou Saïd.
Au moment où nous mettions sous presse, aucune information complémentaire n’a été possible.

Personnalités participantes
  • Juan Bordera, député, Espagne
  • Ada Colau, ancienne maire de Barcelone, Espagne
  • Liam Cunningham, acteur, Irlande
  • Alexis Deswaef, militant, Belgique
  • Naoise Dolan, écrivaine, Irlande
  • Eduard Fernández, acteur, Espagne
  • Emma Fourreau, députée européenne, France
  • Bruno Gilga, militant, Brésil
  • Adèle Haenel, actrice, France
  • Mandla Mandela, chef tribal, Afrique du Sud
  • Marie Mesmeur, députée, France
  • Mariana Mortágua, députée, Portugal
  • Thomas Portes, député, France
  • Susan Sarandon, actrice, États-Unis
  • Gustaf Skarsgård, acteur, Suède
  • Greta Thunberg, militante, Suède

 

Ils ont dit

« Quiconque a visité les territoires palestiniens occupés revient avec une seule conclusion : les Palestiniens vivent un apartheid bien pire que celui que nous avons subi en Afrique du Sud ».                                                              Mandla Mandela (Petit-fils de Nelson Mandela)

« Une continuité naturelle de la mission du journalisme, de la parole libre qui refuse le silence face à l’injustice ». Il a souligné que Gaza n’est pas seulement « un territoire sous siège, mais le cœur battant d’une nation et la conscience vivante qui nous rappelle chaque jour que la liberté ne se donne pas, elle se conquiert ».                                                                                                      Yassine Gaïdi (Journaliste)

« Ma participation n’est pas un geste symbolique ni caritatif, mais un devoir éthique et politique dicté par ma responsabilité d’élu. Gaza n’est pas seulement une terre assiégée, elle est devenue un symbole universel de dignité et de résistance ».            Mohamed Ali (Député)

« Quand nous étions sur le Madleen, on a été interceptés par plusieurs dizaines de militaires, et on s’est fait la promesse dès notre arrivée de renvoyer immédiatement un maximum de bateaux ».                                                                          Rima Hassan (Eurodéputée)

« Nous savons tous pourquoi nous sommes ici. De l’autre côté de la mer, il y a un génocide en cours, une famine de masse provoquée par la machine à tuer d’Israël ».                                                                                                                        Greta Thunberg (Militante suédoise)

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