La ministre italienne du Tourisme, Daniela Santanchè, fragilisée par plusieurs affaires judiciaires et sous forte pression politique, a présenté mercredi sa démission, répondant ainsi, après plusieurs jours de résistance, à la demande explicite de la cheffe du gouvernement, Giorgia Meloni.
Cette démission intervient dans un contexte particulièrement délicat pour l’exécutif italien, encore ébranlé par la nette défaite enregistrée lors du référendum des 22 et 23 mars portant sur des réformes judiciaires clés. Ce revers électoral est largement interprété par les observateurs comme un signal de défiance croissante à l’égard de la majorité au pouvoir.
Selon plusieurs médias italiens, la dirigeante du parti Fratelli d’Italia a engagé depuis le début de la semaine une tentative de reprise en main de son gouvernement. Outre le départ de Santanchè, deux autres responsables ont été poussés vers la sortie en raison de controverses judiciaires ou politiques, dans ce qui s’apparente à un début de remaniement destiné à contenir les retombées de la crise.
Figure controversée de la droite italienne, connue pour son style direct et ses prises de position tranchées, Santanchè est impliquée dans plusieurs procédures judiciaires. Elle est notamment jugée pour falsification présumée de comptes au sein du groupe de presse Visibilia, et fait l’objet d’investigations pour une possible fraude aux aides publiques durant la pandémie de COVID-19. D’autres enquêtes portent sur des soupçons de faillite frauduleuse dans des entreprises qu’elle a dirigées par le passé.
Malgré ces accusations, la ministre avait jusqu’ici résisté aux appels répétés de l’opposition à quitter ses fonctions, illustrant les tensions persistantes entre la majorité et les partis de centre-gauche. Ces derniers avaient récemment déposé une motion de censure à son encontre, dont l’examen au Parlement était prévu dans les prochains jours et qui menaçait d’accentuer l’embarras du gouvernement.
L’annonce de sa démission a été accueillie par des applaudissements au sein de la Chambre des députés, où les responsables de l’opposition ont salué une décision jugée « tardive mais nécessaire ». Plusieurs d’entre eux estiment que ce départ illustre un affaiblissement de l’exécutif et pourrait marquer le début d’une phase d’instabilité politique plus marquée.
Dans ce contexte, Giorgia Meloni semble chercher à restaurer la crédibilité de son gouvernement et à reprendre l’initiative politique, alors que s’ouvre une période incertaine pour la majorité, confrontée à la fois à des défis internes et à une opinion publique de plus en plus critique.
(Avec agences)