En ce samedi 28 mars, la confrontation entre l’Iran et les États-Unis entre dans son deuxième mois, marquant un tournant historique pour la stabilité mondiale. Lancée fin février sous le nom d’opération « Epic Fury », l’offensive alliée a radicalement modifié le paysage régional, notamment après la disparition du Guide suprême Ali Khamenei dès les premières heures du conflit. Depuis, Téhéran subit une campagne de frappes massives visant son cœur politique et ses infrastructures militaires, poussant la République islamique à adopter une stratégie de riposte asymétrique et étendue à l’ensemble du Golfe.
Ce week-end, la tension a franchi un nouveau seuil avec l’implication directe de nouveaux fronts. Pour la première fois depuis le début de la guerre, l’armée israélienne a intercepté un missile balistique tiré depuis le Yémen par les rebelles Houthis, signalant la fin d’une période d’observation et l’entrée en scène d’un acteur capable de menacer le sud de l’État hébreu. Parallèlement, le conflit s’est déporté sur le terrain économique avec une attaque de grande envergure contre les Émirats arabes unis. Des essaims de drones et des missiles ont frappé la zone industrielle de Khalifa à Abou Dhabi, provoquant des incendies spectaculaires et visant délibérément à paralyser l’un des hubs logistiques les plus stratégiques de la région.
Sur le plan international, cette guerre ouverte provoque un séisme économique sans précédent. Avec un détroit d’Ormuz de facto impraticable, le prix du baril de pétrole a franchi la barre symbolique des 100 dollars, plongeant les économies fragiles, comme celle de la Tunisie, dans l’incertitude. Malgré des tentatives de médiation internationale et les propositions américaines en 15 points, Téhéran refuse pour l’heure tout cessez-le-feu, conditionnant toute discussion à l’arrêt total des bombardements. Alors que Washington s’apprête à déployer des renforts massifs dans la région, le monde observe avec inquiétude ce bras de fer dont l’issue semble chaque jour plus incertaine.
(Avec agences)