Les prix du gaz naturel en Europe ont progressé, atteignant leur niveau le plus élevé depuis le début de l’été, en raison des prévisions de basses températures. Parallèlement, les cours du pétrole ont enregistré un léger repli, dans un contexte de détente géopolitique.
Sur le marché européen, le contrat à terme du TTF néerlandais, référence pour le gaz naturel, a franchi le seuil des 40 euros le mégawattheure (MWh). Par ailleurs, le prix a même atteint brièvement 41,915 euros le MWh. Par conséquent, il s’agit d’une première depuis juin. Depuis le début de l’année, le gaz européen affiche une hausse de plus de 35 %. Cette hausse s’explique notamment par les conditions météorologiques froides en Europe et en Asie, qui augmentent la demande de chauffage et la concurrence pour les cargaisons de gaz naturel liquéfié (GNL). En plus de cela, les stocks européens de gaz sont actuellement remplis à environ 48,4 %, un niveau bien en dessous des 59,3 % enregistrés à la même période l’année dernière, ce qui accentue les inquiétudes. Toujours est-il que les prix ont ensuite redescendu de 2 % à 38,42 euros le MWh, suivant la tendance baissière observée sur le marché pétrolier.
Sur le marché du brut, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mars reculait de 1,15 %, à 64,49 dollars. À l’inverse, le West Texas Intermediate (WTI) américain pour la même échéance progressait de 1,20 %, à 59,89 dollars. Cette situation s’inscrit dans un contexte de détente géopolitique. Le président américain a en effet annoncé mercredi soir « le cadre d’un futur accord » concernant le Groenland, mettant fin à ses menaces, ce qui a apaisé les tensions. Par conséquent, pour les analystes, les tensions géopolitiques « se sont apaisées », ce qui permet au marché pétrolier de se recentrer sur les fondamentaux liés à l’offre et à la demande. Qui plus est, l’Agence internationale de l’énergie estime que la production mondiale reste suffisante, malgré une progression de la demande attendue en 2026. En outre, les analystes relèvent que le Parlement vénézuélien doit débattre d’une réforme pétrolière qui, si elle est mise en œuvre, mettrait fin au monopole d’État sur ce secteur.
Cette volatilité des marchés survient alors que la dépendance énergétique de l’Europe a évolué. L’Union européenne a réduit ses importations de gaz russe. En revanche, elle s’est tournée vers le gaz naturel liquéfié (GNL) américain, qui représentait environ 27 % de ses importations totales de gaz et de GNL en 2025, contre seulement 6 % en 2021. Cette nouvelle dépendance expose le continent à d’autres risques géopolitiques et rend le marché sensible aux décisions commerciales américaines. D’autre part, les stocks de gaz européens sont à leur plus bas niveau depuis l’hiver 2021-2022, ce qui accroît la vulnérabilité du marché à tout nouvel épisode de froid prolongé. Par ailleurs, des problèmes techniques, comme l’arrêt de la centrale nucléaire de Flamanville en France, peuvent également exercer une pression supplémentaire sur les prix de l’énergie en Europe.