« Hier solidaires, aujourd’hui accusateurs » : la juge Kalthoum Kennou s’indigne

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Alors que la Fédération générale du transport relevant de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a décrété une grève de trois jours – les 30 et 31 juillet ainsi que le 1er août – en raison de l’échec répété des négociations avec les autorités officielles, elle se retrouve aujourd’hui au cœur d’une vague de critiques virulentes. Sur les réseaux sociaux, de nombreux citoyens, y compris des figures intellectuelles, n’hésitent pas à vilipender les syndicalistes, allant jusqu’à les traiter avec mépris, usant parfois d’un langage injurieux.
Face à cette hostilité croissante, une voix dissonante s’élève pour rappeler la légitimité de l’action syndicale. Il s’agit de l’ancienne présidente de l’Association des magistrats tunisiens (AMT), Kelthoum Kennou, qui a pris la parole sur son compte Facebook pour défendre la cause des travailleurs en grève. Dans une publication empreinte de nostalgie et de tristesse, la magistrate évoque son vécu personnel pour dénoncer ce revirement d’attitude : « Je me souviens de l’époque où j’étais étudiante à la faculté de droit, dans les années 1980. À cette époque, les agents des sociétés de transport faisaient souvent grève, et pour casser leur mouvement, l’État réquisitionnait d’autres personnes pour conduire les bus. Mais nous, les étudiants, refusions catégoriquement de monter dans ces bus. Nous marchions sur de longues distances, par solidarité, afin de ne pas briser la grève. »
Elle poursuit en exprimant son regret face à l’évolution des mentalités : « Aujourd’hui, je vois avec amertume que certaines personnes qui, naguère, soutenaient les travailleurs et défendaient leurs droits, sont devenues les premières à les attaquer. »
Par cette prise de position, Kelthoum Kennou ne se contente pas de rappeler un souvenir personnel : elle interpelle une société qui semble avoir perdu, selon elle, le sens de la solidarité et de l’engagement social.

Med Ali Sghaïer

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