Histoires d’eau

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Par Aisa Baccouche  

Selon une source autorisée, nos barrages sont à moitié pleins.

Alléluia ! N’en déplaise aux pessimistes invétérés qui, quand ils voient un verre à moitié rempli, clament mordicus qu’il est à moitié vide, il faut s’en féliciter et louer le Créateur qui, dans son infinie bonté, a arrosé ces mois-ci notre pays de ce liquide vital pour les êtes humains, les animaux et les plantes.

«  Nous avons fait de l’eau, révèle-t-il dans le Coran, la source de toute vie ».

Nous consommons en moyenne 200 litres par jour per capita.

Rapporté à l’ensemble de la population cela fait un volume impressionnant.

Or, celui des précipitations est n fois multiple

Mais est-ce suffisant pour assurer en la matière, l’équilibre entre les besoins et les ressources aquifères. Comme l’ont observé les hydrauliciens tunisiens je citerai les plus illustres d’entre eux Lassad Ben Osman (1926-2015) et Ameur Horchani (1938-2021) nos ressources ne sont pas régulières ni pérennes.

Alors que nos besoins ne sont guère élastiques. Ils sont en élévation constante.

Seulement, voilà le cinquième est capté alors que 80 % de cette manne céleste sont soit dirigés vers la mer soit évaporés.

Face à cet état de fait, que pourrons-nous entreprendre pour permettre cette adéquation entre ressources et emplois, en songeant au fameux tableau input-output de M. Léontief (1906-1998) économiste américain d’origine russe.

Il faudra agir sur les deux tableaux :

Primo : optimiser le retenue des trombes d’eau en assumant un entretien permanent des barrages et des lacs collinaires.

Secondo : engager des investissements conséquents pour rendre étanches les conduites de la Sonede dont le taux de déperdition est, à certaines endroits, alarmant.

Tertio : inciter les propriétaires de maisons individuelles à construire des majels c’est-à-dire des réservoirs bâtis en pierre ou coulés en béton enfuis sous le sol – pour retenir l’eau de pluie qui ruisselle à travers les gouttières. Une réminiscence des temps anciens où nos ancêtres étaient peu enclins au gaspi. Ils étaient mus par un instinct, disons, cultuel. Dieu avait bien averti ses fidèles qu’il abhorrait les gaspilleurs.

Quatro : les gens de ma génération se souviennent qu’à l’époque d’avant l’indépendance, les bornes fontaines disséminées dans la médina étaient actionnées par le truchement de robinets poussoirs. Si bien que l’eau ne coulait que si l’on s’en servait.

Pourquoi ne pas adopter ce système si économique dans nos demeures ? Il n’y a pas petites économies Pensez – y quand vous vous brossez les dents ou quand, Messieurs, vous vous razez le matin

Ne nous a-t-on pas appris en cours élémentaire qu’« une goutte d’eau vaut mieux qu’un trésor » ?

Alors, enrichissons-nous !

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