La Tunisie a engagé des négociations avec l’Union européenne pour augmenter significativement son quota d’exportation d’huile d’olive. L’objectif est de le porter à 100 mille tonnes par an, contre un plafond actuel établi à 57 600 tonnes par le règlement européen 2016/1918. Parallèlement, des discussions sont en cours avec les États-Unis afin de réviser les droits de douane appliqués à l’huile d’olive tunisienne, qui sont actuellement de 20%.
Cette initiative diplomatique intervient dans un contexte commercial spécifique. D’une part, l’accès préférentiel au marché européen est historiquement encadré par un système de quotas. D’autre part, la Tunisie cherche activement à diversifier ses marchés. Des pourparlers sont ainsi engagés avec l’Indonésie pour faciliter l’accès, tandis que des actions de promotion sont menées en Inde, au Japon et en Corée du Sud. En outre, le Brésil représente un débouché stratégique en Amérique latine, d’autant plus que son gouvernement a approuvé une exonération totale des droits de douane, auparavant fixés à 9%, sur l’huile d’olive extra vierge depuis le 14 mars 2025. Ce pays a importé environ 250 mille tonnes d’huile d’olive pour une valeur proche de 695 millions de dollars en 2024.
Toujours est-il que cette stratégie d’ouverture commerciale se heurte à une réalité économique. Les données des onze premiers mois de la campagne 2024-2025 illustrent un paradoxe : les exportations en volume ont progressé de 41,3% pour atteindre 288 600 tonnes, mais les recettes ont, dans le même temps, reculé de 28,4%. Cette baisse des revenus est liée à une chute des prix moyens sur le marché international. Par ailleurs, la structure même des exportations pose problème. L’Union européenne reste le principal client, absorbant 58,0% des volumes, suivie par l’Amérique du Nord avec 26,3%. Toutefois, la grande majorité de l’huile exportée quitte le pays en vrac, principalement vers l’Espagne et l’Italie, ce qui limite fortement la rétention de valeur ajoutée sur le territoire national. Cette dépendance à l’égard de l’exportation de matière première brute facilite le reconditionnement sous des marques étrangères sur les marchés de destination.
L’intensification des négociations commerciales vise donc à corriger ces déséquilibres. L’ambition est de créer les conditions pour que la Tunisie tire un meilleur parti de ses récoltes, notamment dans la perspective d’une campagne 2025-2026 annoncée comme importante. Pour cela, la réduction de la vulnérabilité aux fluctuations des prix mondiaux est essentielle. Par conséquent, l’augmentation de la part des exportations à plus forte valeur ajoutée, via le conditionnement local et le développement de marques nationales, constitue un impératif. Cette évolution est nécessaire pour que les performances en volume se traduisent par une amélioration durable des recettes en devises et de la balance commerciale du pays.