Les exportations nationales d’huile d’olive présentent un bilan contrasté pour la campagne en cours. En effet, les volumes exportés ont connu une progression importante tandis que les recettes financières ont subi une baisse sévère en raison de l’effondrement des prix sur le marché international.
Sur les neuf premiers mois de la campagne 2024-2025, les exportations ont atteint 230 mille tonnes, selon l’Observatoire national tunisien de l’agriculture (Onagri). Ce volume représente une augmentation de 36,2 % par rapport à la période équivalente de la campagne précédente, qui s’était établie à 179 mille tonnes. Cependant, cette croissance quantitative s’est faite selon un mode de commercialisation très spécifique, puisque l’écrasante majorité de ces exportations, 85,6 %, a été réalisée en vrac. Inversement, la part de l’huile conditionnée en bouteilles a reculé de 12,8 % pour ne représenter que 14,4 % du total.
Parallèlement à cette hausse des volumes, le secteur a été frappé par une chute drastique des cours. Le prix moyen du kilogramme exporté a ainsi diminué de 50,9 %, oscillant désormais entre 2,16 et 5,14 euros. Cette dégringolade des tarifs a directement impacté les recettes d’exportation, lesquelles se sont élevées à 4,622 milliards de dinars, soit une baisse de 31 % par rapport à la saison précédente. Cette situation confirme la prédominance du vrac, qui a généré 91 % de la valeur totale des exportations, une stratégie qui expose la filière aux aléas des prix mondiaux.
La destination des exportations a également connu des évolutions. L’Union européenne reste le principal client avec 57,1 % des parts, mais la France est devenue le premier importateur individuel avec 27,4 % du total, devant l’Espagne à 24,5 % et les États-Unis à 21,2 %. Concernant l’huile d’olive biologique, les exportations ont représenté 46,9 milliers de tonnes, pour une valeur de 637 millions de dinars. L’Italie demeure le premier acheteur de bio tunisien avec 51,7 % des parts, devant l’Espagne et les États-Unis. Le prix moyen de l’huile biologique en vrac est de 13,59 dinars le kilo, contre 16,66 dinars pour l’huile en bouteille.
Ainsi, la performance de la filière est double : elle démontre une capacité à produire et exporter de grands volumes tout en révélant une forte dépendance aux marchés extérieurs et aux cours internationaux, avec une valorisation insuffisante de la production via le conditionnement local.