En Tunisie, linflation montre des signes de modération tout en restant à un niveau élevé. La hausse générale des prix s’est établie à 5,4% en glissement annuel au mois de mai, après s’être élevée à 5,6% en avril. La légère décélération rapportée par l’INS s’explique principalement par le ralentissement du renchérissement des prix alimentaires, passé de 7,3% à 6,7%.
Les différentes évolutions de prix par catégorie de produits
Les produits alimentaires présentent les hausses les plus marquées avec une progression annuelle de 6,7%. Certains produits connaissent des augmentations particulièrement fortes : les légumes frais (+25,3%), les fruits frais (+22,8%), la viande d’agneau (+19,8%) et les poissons frais (+10,8%). À l’inverse, les huiles alimentaires affichent une baisse notable (-22,2%) tout comme les œufs (-5,1%).
Les produits manufacturés enregistrent une hausse globale de 5,2%, tirée notamment par l’habillement et chaussures (+9,4%) et les produits d’entretien courant (+4,9%). Le secteur des services progresse de 4,6%, avec une accélération marquée dans les restaurants, cafés et hôtels (+10,8%).
Les composantes structurelles de l’inflation
L’inflation sous-jacente (hors alimentation et énergie) se maintient à un niveau stable de 5,5%. L’écart reste important entre les produits libres (+6,5%) et les produits encadrés (+1,6%). Pour les seuls produits alimentaires, cet écart est encore plus marqué avec une accélération de 7,5% pour les produits libres contre seulement une progression de 0,9% pour les produits encadrés.
En variation mensuelle, l’indice des prix a progressé de 0,3% en mai. L’augmentation enregistrée résulte principalement de la hausse des prix alimentaires (+0,4%), avec des pics pour la viande d’agneau (+4,6%) et les fruits frais (+3,3%), compensée partiellement par la baisse des œufs (-6,8%) et de la volaille (-1,7%). Les autres postes significatifs sont l’habillement (+0,5%) et les services de restauration et hôtellerie (+0,5%).
L’examen des différents secteurs économiques montre que les produits manufacturés contribuent pour 37% à l’inflation globale (2,0 points sur 5,4%), tandis que les aliments frais y contribuent pour 40,7% (2,2 points sur 5,4%). Ces deux secteurs représentent ainsi près de 78% de la hausse générale des prix.
En analysant la structure des prix, on observe que les produits non alimentaires libres représentent 59,3% de l’inflation totale (3,2 points sur 5,4%). Les produits alimentaires libres, quant à eux, contribuent pour 35,2% (1,9 point sur 5,4%). À eux seuls, ces deux régimes de prix expliquent 94,5% de l’inflation enregistrée.
La répartition met en évidence le poids disproportionné des produits non réglementés dans la dynamique inflationniste, avec une contribution combinée de ces deux catégories (alimentaires et non alimentaires libres) dépassant 90% de l’inflation globale. À l’inverse, les produits encadrés jouent un rôle marginal dans la poussée des prix.