Intempéries : La municipalité de Tunis active une cellule de crise et deux numéros d’urgence

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La municipalité de Tunis a annoncé ce jeudi 12 février 2026 la mise en place d’une cellule de crise réunissant plusieurs services municipaux. Cette structure vise à faire face aux conditions météorologiques actuelles. Des équipes d’intervention rapide ont par ailleurs été déployées pour traiter les conséquences des fortes pluies et des vents violents.
Deux numéros sont mis à disposition des habitants. Le 1807 est accessible sept jours sur sept pour recevoir les signalements et les demandes d’information. Le 71 571 198 est quant à lui réservé aux appels en dehors des horaires de travail. La municipalité appelle les citoyens à la vigilance et leur recommande d’éviter de stationner ou de s’abriter sous les poteaux électriques et les arbres.
Des rafales jusqu’à 100 km/h sur les côtes nord
Ces mesures interviennent alors que l’Institut national de la météorologie a émis un bulletin de suivi ce jeudi 12 février. Les vents soufflent entre 60 et 80 km/h sur la majorité des régions. Des rafales peuvent atteindre temporairement 100 km/h, particulièrement sur les zones côtières du nord et les hauteurs. Dans le sud, ces vents violents soulèvent localement des poussières et du sable, réduisant la visibilité horizontale. La mer est très agitée à fortement perturbée sur l’ensemble des côtes.
Par ailleurs, le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche a appelé les agriculteurs à fixer solidement les serres et les équipements agricoles et à mettre les machines à l’abri des vents forts et des cours d’eau. Il a également exhorté les marins-pêcheurs à ne pas prendre la mer et à amarrer leurs embarcations dans les ports.
Des pertes agricoles déjà importantes dans le Cap Bon
Ces nouvelles intempéries surviennent alors que le secteur agricole n’a pas encore absorbé les chocs précédents. Le 4 février 2026, le président de l’Union régionale de l’agriculture à Beni Khalled a indiqué que les inondations ont lourdement affecté les cultures de pommes de terre, d’agrumes et de fraises. De nombreux moutons ont péri et plusieurs puits de surface ainsi que des équipements d’irrigation ont été endommagés.
Selon le responsable, les pertes de production dépassent 80 % dans certaines exploitations, notamment pour les variétés d’agrumes Thomson et Maltaise. Sur les sites de production, le prix de la variété Thomson oscille désormais entre 1 000 et 1 200 millimes. L’ampleur des dégâts sur les fraises et les pommes de terre a conduit de nombreux agriculteurs à une faillite totale. L’Union régionale appelle les autorités à mettre en place des lignes de financement pour compenser les pertes et à alléger la dette qui pèse sur les agriculteurs.
Qui plus est, l’épisode pluvieux de janvier 2026 avait déjà causé la mort de cinq personnes et la disparition de quatre pêcheurs à Teboulba. En trois jours, 466 pompages d’eau avaient été effectués et 350 personnes secourues par la Protection civile. L’Institut national de la météorologie avait alors qualifié ces précipitations d’exceptionnelles, certaines régions n’ayant pas enregistré de telles valeurs depuis 1950.

Dès lors, la cellule de crise activée ce jeudi par la municipalité de Tunis s’inscrit dans une séquence météorologique qui éprouve durement le pays. Par conséquent, les autorités maintiennent leur appel à la vigilance sur l’ensemble du territoire.
MBY

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