Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense ont ordonné à l’armée de frapper la banlieue sud de Beyrouth lundi 1er juin.
Plus d’un mois après l’entrée en vigueur d’une trêve, Israël a poursuivi ses offensives dans le Sud-Liban. Nabatiyé, grande ville à majorité chiite, a notamment été la cible de plusieurs frappes.
Les affrontements directs avec le Hezbollah ont redoublé d’intensité dans la nuit du 30 au 31 mai. L’armée israélienne s’est emparée de l’emblématique forteresse médiévale de Beaufort, située au nord-est de Tyr, pour y hisser son drapeau bleu et blanc. Ce lieu historique, perché à 700 mètres d’altitude, avait déjà servi de base à Tsahal durant ses deux décennies d’occupation du Sud-Liban jusqu’en 2000.
« La prise de Beaufort est une étape décisive, un tournant majeur de la politique que nous menons », a affirmé Benjamin Netanyahu, alors qu’il avait ordonné à Tsahal d’élargir les opérations au Liban et d’étendre son contrôle sur les zones d’influence du Hezbollah. Israël appelle désormais les Libanais à respecter cette nouvelle ligne d’occupation, située à 40 kilomètres au nord de la frontière. Tsahal a ainsi ordonné l’évacuation immédiate de tous les habitants vivant au sud du fleuve Zahrani.
Les réactions politiques et diplomatiques
Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a fermement condamné ces opérations militaires : « Les politiques de la terre brûlée, du châtiment collectif et de la destruction de villages et localités ne garantiront ni sécurité ni stabilité. Au contraire, elles creuseront le fossé avec le peuple libanais. »
Alors que des pourparlers doivent reprendre cette semaine sous l’égide des États-Unis, Naïm Qassem, secrétaire général du Hezbollah, s’oppose fermement à toute discussion directe. Il a rappelé que la précédente session, après 35 cycles de négociations, n’avait abouti à aucun résultat. « Les négociations directes représentent un gain sans contrepartie pour Israël. Le désarmement signifie notre anéantissement, et nous ne pouvons pas l’accepter », a-t-il déclaré. Malgré l’interdiction théorique de ses activités militaires, le Hezbollah continue de bombarder épisodiquement le nord d’Israël.
Face à la gravité de la situation, la France a réclamé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU. Le président Emmanuel Macron a estimé que « rien ne justifie l’escalade majeure en cours au Sud-Liban ».
R.L
Crédit photo: AFP