Dans la nuit du jeudi 7 au vendredi 8 août, le cabinet de sécurité israélien a validé une nouvelle feuille de route militaire visant à « vaincre » le Hamas et à établir une emprise sécuritaire sur la ville de Gaza. Ce projet, proposé par le premier ministre Benyamin Netanyahou, suscite de fortes critiques sur la scène internationale, tandis que le génocide à Gaza a atteint son paroxysme.
Une offensive d’envergure dans un territoire ravagé
Selon les autorités israéliennes, l’armée se prépare à prendre le contrôle de la ville de Gaza, avec pour objectif affiché de désarmer le Hamas et d’instaurer une administration civile « alternative », excluant à la fois le mouvement islamiste et l’Autorité palestinienne.
Cette offensive, qui devrait mobiliser plusieurs divisions militaires et s’étendre sur plusieurs mois, vise à achever la conquête d’un quart du territoire encore hors du contrôle israélien. Déjà, l’armée affirme opérer au sol dans environ 75 % de l’enclave, lourdement frappée par les bombardements et les massacres depuis près de deux ans.
Divisions internes
Sur le plan intérieur, plusieurs voix s’élèvent également contre cette stratégie. Le chef de l’opposition israélienne, Yaïr Lapid, a dénoncé une décision « catastrophique » aux conséquences multiples : pertes humaines, crise diplomatique, charge économique, et incertitude stratégique. Même le chef d’état-major, le général Eyal Zamir, a exprimé publiquement ses réserves, promettant une évaluation « indépendante et professionnelle » des décisions politiques.
Condamnations internationales
Les réactions ne se sont pas fait attendre. Le Haut-Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Volker Türk, a appelé à l’arrêt immédiat du plan, estimant qu’il va à l’encontre des décisions de la Cour internationale de justice et du droit des Palestiniens à l’autodétermination. Selon l’ONU, l’enclave palestinienne fait face à une situation humanitaire dramatique, marquée par une « famine généralisée » touchant ses 2,4 millions d’habitants.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a, lui aussi, critiqué l’initiative israélienne, la qualifiant « d’erreur » susceptible de prolonger le conflit sans résoudre la question des otages. Il a exhorté Tel-Aviv à « reconsidérer immédiatement » sa position.
La Turquie a également exprimé sa vive inquiétude, appelant la communauté internationale à empêcher ce qu’elle considère comme une tentative de rendre Gaza invivable et de forcer le déplacement de sa population.