Italie : une ONG de sauvetage en mer devant la justice pour avoir sauvé des vies

An dinghy is set adrift, abandoned by migrants and refugees on the Mediterranean sea, about 25 miles north of Sabratha, Libya, Thursday, Aug. 18, 2016. At least three people have died on Thursday morning during the sinking of a wooden boat full with migrants as they tried to reach the Italian coasts. (AP Photo/Emilio Morenatti)

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Le procès de six membres d’une organisation non gouvernementale italienne spécialisée dans le sauvetage des migrants en mer s’est ouvert, mardi, à Raguse, en Sicile. Les prévenus sont accusés d’avoir facilité l’immigration irrégulière à la suite d’une opération de secours menée en 2020.

L’affaire concerne la mission du navire « Mare Jonio », appartenant à l’ONG Mediterranea Saving Humans, qui avait secouru 27 migrants restés bloqués plus d’un mois à bord du pétrolier danois « Maersk Etienne », après que l’Italie et Malte eurent refusé leur débarquement.

Parmi les personnes poursuivies figurent Luca Casarini, fondateur de l’organisation, le capitaine du navire, ainsi que trois membres de l’équipage, dont un médecin.

Le parquet reproche à l’ONG d’avoir agi pour des motifs financiers, évoquant un virement de 125 000 euros versé par la compagnie danoise Maersk plusieurs mois après les faits.

Toutefois, l’entreprise a précisé dans un communiqué publié en 2021 que cette somme visait uniquement à couvrir une partie des coûts logistiques supportés par l’organisation, saluant par ailleurs son rôle humanitaire lors d’une situation qu’elle qualifiait de « dramatique sur le plan humain ».

L’ONG, de son côté, affirme qu’il s’agissait d’un don transparent, et son équipe de défense dénonce une tentative de criminalisation de l’aide humanitaire.

Les avocats ont également soulevé des irrégularités dans la procédure, notamment l’utilisation d’écoutes téléphoniques ayant impliqué des conversations avec des journalistes, des avocats, des prêtres et même des parlementaires.

La prochaine audience a été fixée au 13 janvier. Ce procès, présenté comme le premier du genre en Italie, s’inscrit dans un contexte de durcissement de la politique migratoire menée par le gouvernement de Giorgia Meloni, qui cherche à réduire le nombre d’arrivées par la Méditerranée et à restreindre les activités des ONG humanitaires, accusées par Rome de jouer un rôle de « facteur d’attraction » pour les migrants.

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