JCC 2025 : un palmarès prestigieux terni par une organisation controversée

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C’est dans un climat de controverse que s’est refermée, le samedi 20 décembre 2025, la 36ᵉ édition des Journées cinématographiques de Carthage, à l’occasion d’une cérémonie de clôture largement critiquée, malgré la proclamation du palmarès des différentes compétitions officielles.
Le Tanit d’or du long métrage de fiction a été attribué au film « The Stories » du réalisateur égyptien Abu Bakr Shawky, tandis que le Tanit d’or du long métrage documentaire est revenu à « Liti Liti » du cinéaste sénégalais Mamadou Khouma Gueye. Du côté du court métrage, le Tanit d’or a été décroché par « 32 B » de Mohamed Taher (Égypte).
Le prix de la meilleure interprétation féminine a été accordé à Saja Kilanidans pour son rôle dans « La voix de Hind Rajab » de Kaouthar Ben Hnia, alors que le prix de la meilleure interprétation masculine a été décerné à Nawaf Al-Dhuairy pour sa performance dans le film « Hijra » de Shahad Amin.
Cependant, contrairement aux éditions précédentes, la version 2025 des JCC a suscité une vive polémique, notamment en raison de nombreuses défaillances organisationnelles. Plusieurs voix du milieu cinématographique ont dénoncé l’absence de dimension festive, pourtant indissociable d’un événement de cette envergure. La cérémonie de clôture, en particulier, a cristallisé l’essentiel des critiques.
A ce propos, Mohamed Ali Ben Hamra,
Président de l’Union Professionnelle de l’Industrie Cinématographique et Audiovisuelle (UPICA), a exprimé son mécontentement dans une publication sur sa page Facebook, affirmant que « l’histoire retiendra que la 36ᵉ édition des Journées cinématographiques de Carthage fut une édition froide, sans âme, marquée notamment par une mauvaise organisation, l’aggravation du clientélisme et du favoritisme, l’exclusion des principaux acteurs de l’industrie cinématographique de la région arabe et africaine, sans oublier l’insistance de la direction du festival à marginaliser la section industrie ».


La journaliste culturelle Sana Mejri n’a pas mâché ses mots pour décrire ce qu’elle considère comme une cérémonie dénuée de sens et d’émotion. Elle a notamment dénoncé une « ouverture funèbre » suivie d’une clôture qu’elle qualifie de « silencieuse », s’interrogeant sur l’absence de toute atmosphère de célébration. Elle a également pointé du doigt la froideur de la présentation, la précipitation dans la remise des prix, l’absence de prise de parole des lauréats, ainsi que la remise expéditive du Tanit d’or, sans même accorder un mot au gagnant du grand prix.


De son côté, la journaliste Jihène Turki, membre du jury du Prix Khamis Khayati pour le cinéma de la résistance, a dénoncé plusieurs dysfonctionnements, rappelant que, dans tous les festivals du monde, ce sont les membres du jury qui annoncent les prix, sauf aux Journées cinématographiques de Carthage.
Elle a également déploré une salle presque vide et des prix remis par procuration, s’interrogeant sur l’avenir du festival : « Sincèrement, les JCC, vers où va-t-on ? Il est temps de réfléchir sérieusement à l’avenir des Journées cinématographiques de Carthage. »

A cela s’ajoute un retard notable dans le déroulement de la cérémonie : prévue à 19 heures, la clôture n’a finalement débuté qu’aux alentours de 21 heures, renforçant davantage le sentiment de désorganisation et de malaise ressenti par une partie du public et des professionnels présents.

Le palmarès :

 Compétition officielle Long métrage Fiction : 
  • Tanit d’or : « The stories », d’Abu Bakr Shawky(Egypte)
  • Tanit d’argent : « My father’s shadow », d’Akinola Davies Jr (Nigéria)
  • Tanit de bronze : « Sink », de Zain Duraie(Jordanie)
  • Tanit d’honneur: « La voix de HindRajab », de Kaouther Ben Hania (Tunisie)
  • Meilleur scénario : Amel Guellaty pour son film « Où le vent nous emmène-t-il ? »
  • Meilleure interprétation féminine : Saja Kilanidans le film « La voix de Hind Rajab »
  • Mention spéciale meilleure actrice : DeboraLobe Naney dans le film « Promised sky »
  • Meilleure interprétation masculine : NawafAl-Dhuairy dans le film « Hijra »
  • Mention spéciale meilleur acteur : Hussein Raad Zuwayr dans le film « Irkalla le rêve de Gilgamesh »
  • Meilleure musique : Afrotonix pour le film « Diya »
  • Meilleure image : Miguel Yoan Littin Menzpour le film « Hijra »
  • Meilleur Montage : Guillaume Alvar pour le film « Diya »
  • Meilleur Décor : Assem Ali dans le film « Myfather’s scent »
  • Prix du public : « Où le vent nous emmène-t-il ? », d’Amel Guellaty (Tunisie)
  • Prix de la 1ère œuvre
  • Prix TV5 Monde : « Cotton queen », de Suzannah Mirghani (Soudan)
  • Prix Tahar Cheriaa pour  le L.M. : « Myfather’s shadow », d’Akinola Davies Jr (Nigéria)
Compétition officielle Long métrage Documentaire :
  • Tanit d’or : « Liti Liti », de Mamadou Khouma Gueye (Sénégal)
  • Tanit d’argent : « The lions by the river Tigris », de Zaradasht Ahmed
  • Tanit de Bronze : « On the hill », de Belhassen Handous (Tunisie)
  • Mention spéciale : « Notre semence », d’Anis Lassoued (Tunisie)
  • Hommage au cinéaste Mamadou Moustapha Gueye :
  • « Cimetière de vie » (Sénégal)
Compétition officielle Court métrage :
  • Tanit d’or : « 32 B », de Mohamed Taher(Egypte)
  • Tanit d’argent : « Coyotes », Saïd Zagha(Palestine)
  • Tanit de bronze : « She’s swimming », de Liliane Rahal (Liban)
  • Mention spéciale 1 : « Café ? », de Bamar Kane (Sénégal)
  • Mention spéciale 2 : « Le fardeau des ailes », de Rami Jarboui (Tunisie)
Ciné Promesse
  • Prix Ciné Promesse : « « Pierre-Feuille-Ciseaux », de Cherifa Benouda (Tunisie)
  • Mention 1 : « Chercher Abbas Saber », de Dina Hassan Aboelae (Egypte)
  • Mention 2 : « Was never her choice », de Marguerita Nakhoul (Liban)

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