A la veille de la célébration du 63e anniversaire de la création de l’Unité Africaine, la Tunisie réaffirme avec force son ancrage continental. Entre diplomatie offensive, partenariats économiques stratégiques et appels à une refondu globale du système financier international, Tunis trace les contours d’une Afrique maîtresse de son destin.
Le 25 mai 2026 marque une date hautement symbolique pour le continent, rappelant le jour où les pères fondateurs ont scellé le pacte de l’Organisation de l’Unité Africaine, devenue depuis l’Union Africaine. Pour la diplomatie tunisienne, cette commémoration dépasse le simple protocole. Elle est l’occasion de marteler un principe fondamental : le droit des peuples africains à disposer d’eux-mêmes, souverains dans leurs décisions et maîtres de leurs immenses richesses naturelles. Sous l’impulsion du président Kaïs Saïed, la Tunisie a fait de sa dimension africaine un choix stratégique incontournable, une doctrine géopolitique alignée sur les ambitions de l’Agenda 2063 pour bâtir une Afrique unie, sûre et prospère.
Sur le plan économique, Tunis tourne le dos aux modèles de coopération traditionnels pour privilégier un partenariat pragmatique et solidaire. Le pays déploie activement son savoir-faire dans des secteurs hautement compétitifs comme le bâtiment et les travaux publics, mais aussi dans l’économie du savoir. L’exportation de services médicaux, l’éducation et les technologies de l’information constituent désormais les fers de lance de cette coopération Sud-Sud. Cette dynamique bilatérale s’accompagne d’un engagement multilatéral soutenu : au-delà de sa contribution historique aux opérations de maintien de la paix, la Tunisie participe activement aux réformes institutionnelles de l’Union Africaine, notamment à travers la présence du chef de l’État au sein du comité présidentiel chargé de rendre l’organisation plus efficace.
Fidèle au principe des « solutions africaines aux défis africains », la Tunisie refuse de voir le continent relégué au rang de simple réservoir de matières premières ou de théâtre de rivalités internationales. Récemment, lors du Sommet Afrique-France tenu à Nairobi le 12 mai 2026, la diplomatie tunisienne a porté une voix forte et disruptive, dans le prolongement direct des positions défendues par le Président Saïed depuis 2021. Tunis réclame d’urgence une réforme en profondeur du Conseil de Sécurité de l’ONU pour corriger les injustices héritées de l’après-Seconde Guerre mondiale, ainsi qu’une restructuration du système financier mondial. Face à l’augmentation excessive du service de la dette qui étouffe les économies fragiles, la Tunisie plaide pour un allégement, une restructuration ou une annulation de la dette des pays pauvres, afin de combler enfin le fossé du développement.
Cette exigence de justice s’applique également aux crises sécuritaires et migratoires qui secouent le continent. Face aux conflits armés et à la montée du terrorisme, qui alimentent les réseaux criminels de traite humaine, la Tunisie tire la sonnette d’alarme. Récusant les réponses purement sécuritaires, Tunis appelle à une approche globale, humaine et solidaire. Pour la Tunisie, la gestion de la migration irrégulière doit reposer sur une responsabilité partagée entre les pays d’origine, de transit et de destination. L’objectif ultime demeure politique et moral : offrir à l’être humain africain les conditions de développement nécessaires pour vivre, travailler et prospérer dignement sur sa propre terre.
(D’après communiqué)