Journée de réflexion et de plaidoyer pour mettre fin à l’impunité des crimes commis contre les journalistes

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Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) organise, en partenariat avec l’UNESCO, ARTICLE 19, Avocats Sans Frontières, le Centre Kawakibi pour les Transitions Démocratiques, la Fédération internationale des journalistes et le Haut-Commissariat aux droits de l’Homme en Tunisie, une journée de réflexion et de plaidoyer ce mardi 4 novembre 2025 à l’hôtel Golden Tulip El Mechtel à Tunis, à l’occasion de la Journée internationale pour mettre fin à l’impunité des crimes commis contre les journalistes.

Célébrée chaque année le 2 novembre, cette journée mondiale ne se limite pas à un acte symbolique. Elle constitue un appel à la responsabilité et à l’action face au fléau de l’impunité, qui entretient la peur, le silence et l’autocensure, tout en affaiblissant la liberté d’expression. En Tunisie, ce phénomène ne découle plus seulement d’un manque de sanctions, mais aussi d’un cadre législatif de plus en plus restrictif, notamment avec le décret-loi n°54 de 2022, devenu un instrument de censure et de répression de la parole libre.

Le thème retenu cette année, « De l’impunité à l’éducation, à la responsabilité et à la liberté », met l’accent sur la nécessité d’une approche durable, ancrée dans l’éducation aux médias et à l’information. Car au-delà du plaidoyer institutionnel, seule une culture critique et citoyenne peut briser durablement le cycle de l’impunité.La rencontre réunira des journalistes, des universitaires, des juristes, des représentants de la société civile et des parlementaires autour de plusieurs sessions thématiques.

La première portera sur le rôle des organisations nationales dans la défense de la liberté d’expression, avec la participation du bâtonnier Boubaker Bethabet, du président de la Ligue des Droits de l’Homme Bassam Trifi, du secrétaire général de l’Union Générale des Étudiants de Tunisie Mohamed Oulad Mohamed et du secrétaire général adjoint de l’UGTT Samir Cheffi.

Lire aussi: FIJ : “L’impunité pour les crimes contre les journalistes est une responsabilité mondiale partagée”

La seconde session abordera la question de la protection juridique de la presse et les dérives du décret-loi 54, perçu par de nombreux acteurs comme un texte qui criminalise les voix critiques au lieu de protéger la liberté d’expression.

L’après-midi sera consacrée à deux axes essentiels : la protection des femmes journalistes face aux violences et à la loi du silence, puis l’éducation aux médias et à l’information, perçue comme une arme contre la manipulation, la désinformation et la normalisation de la censure.

Enfin, une session spéciale sera dédiée à la présentation de l’initiative du Laboratoire Genre sur la sécurité des femmes journalistes, un sujet devenu central face à la multiplication des menaces en ligne et des attaques sexistes.

Cette journée vise à dépasser la simple dénonciation pour ouvrir la voie à une prise de conscience collective : sans vérité, il n’y a pas de justice, et sans justice, la liberté d’expression reste un slogan vidé de sens. La lutte contre l’impunité n’est pas une revendication corporatiste, mais une exigence démocratique.

Pour en savoir plus, veuillez consulter le programme de la journée: célébration de la Journée de la fin de l’impunité.docx

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