Des centaines de personnes ont accompagné ce samedi 6 septembre 2025 Abdelkader Dhibi à sa dernière demeure au cimetière Ouled Bou Aleug, à Kasserine. Le jeune homme de 35 ans, abattu par la police française le 2 septembre à Marseille, a été inhumé dans une atmosphère mêlant émotion et colère.
Selon le parquet de Marseille, Dhibi, expulsé d’un hôtel pour non-paiement, aurait attaqué plusieurs personnes avec des couteaux et une barre de fer avant d’être mortellement atteint par cinq balles tirées par une patrouille en civil. Une version que sa famille et de nombreux Tunisiens rejettent, dénonçant une « exécution sommaire » et un recours « disproportionné » à la force.
À Kasserine, des habitants ont manifesté pour réclamer une enquête indépendante. Sur les réseaux sociaux, les images de l’intervention ont relancé les accusations de violence policière et de discrimination.
Face à l’indignation, la Tunisie a convoqué le chargé d’affaires français et qualifié la mort de Dhibi de « meurtre injustifié », exigeant des explications rapides et une enquête transparente. Le président de la République Kaïs Saïed a ordonné à l’ambassade de suivre le dossier et d’assurer le rapatriement du corps.