Deux stations de production d’énergie solaire vont entrer en exploitation à Majel Bel Abbès, dans le gouvernorat de Kasserine. Ces installations, d’une capacité unitaire de 60 kilowatts-crête (kWc), sont déjà raccordées au réseau de la STEG. Elles sont destinées aux Groupements de Développement Agricole (GDA) d’Al-Afrach et d’Oglat Ahmed. Ce projet est financé par la Banque Allemande de Développement (KfW). Par ailleurs, sa réalisation est supervisée par le département du génie rural de la Direction Régionale du Développement Agricole de Kasserine.
L’objectif principal de ces installations est de réduire le coût du mètre cube d’eau d’irrigation pour les agriculteurs. En effet, l’alimentation solaire des systèmes de pompage doit alléger directement les charges d’exploitation des GDA. Par conséquent, cette baisse des coûts opérationnels vise à améliorer les ressources financières de ces groupements. Qui plus est, le projet a pour but de garantir la pérennité technique et financière des systèmes hydrauliques dans cette région.
Ce projet local s’inscrit dans une stratégie énergétique plus large. Actuellement, environ 97 % de l’électricité tunisienne est produite à partir de centrales conventionnelles, principalement alimentées au gaz naturel. D’autre part, la Tunisie s’est fixé pour objectif de produire 30 % de son électricité à partir de sources renouvelables d’ici à 2030. En plus de cet objectif, la capacité actuelle du parc renouvelable, comprenant l’éolien et le solaire, est d’environ 400 mégawatts. Par conséquent, chaque nouvelle installation, comme celles de Kasserine, contribue à augmenter cette part. Des projets similaires existent, à l’image de la centrale solaire de Tozeur, dont la capacité de 20 MW couvre environ un tiers des besoins de la ville.
Le projet répond à des défis structurels. La demande en électricité en Tunisie connaît une croissance d’environ 3 % par an. En plus de cette pression sur le réseau, le pays est dépendant des importations pour ses approvisionnements énergétiques. Par conséquent, développer la production solaire permet d’adresser ces deux problématiques. D’autre part, pour la STEG, qui compte près de 4.6 millions de clients en électricité, l’intégration de projets décentralisés constitue un axe de développement. Enfin, en ciblant spécifiquement le secteur agricole, ce projet lie la sécurité énergétique à la sécurité hydrique et à la durabilité économique d’une région.
MBY