La Banque mondiale est-elle optimiste pour l’Algérie ? Le décryptage des chiffres

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Dans son rapport de suivi économique pour l’automne 2025, la Banque mondiale présente une analyse de la situation en Algérie. L’institution estime qu’une expansion soutenue hors hydrocarbures devrait se poursuivre en 2025 et 2026. Elle prévoit une croissance du PIB de 3,8% en 2025, portée par une progression de 4,0% des activités non liées aux hydrocarbures et une reprise de 2,5% de la production pétrolière et gazière.

La croissance de l’investissement privé est attendue, compensant une consolidation des dépenses publiques d’équipement. La consommation privée devrait rester robuste, stimulant les services. Cependant, la demande générée serait en grande partie satisfaite par des importations, dont la croissance dépasserait celle des exportations. La production agricole présenterait des rendements contrastés, plus faibles à l’Ouest mais plus élevés dans le Centre et le Nord-Est. Pour 2026 et 2027, la croissance devrait légèrement ralentir tout en restant soutenue, avec une stabilisation anticipée de la production pétrolière en 2027.
Les dépenses publiques devraient ralentir, particulièrement en 2027 avec la mise en œuvre de mesures de consolidation budgétaire. Les déficits budgétaire et extérieur demeureraient élevés. Le déficit du compte courant devrait se creuser sur la période de projection, et les réserves de change continueraient de diminuer. Le déficit budgétaire se réduirait légèrement en 2025, notamment à cause d’un versement exceptionnel de dividendes par la Banque d’Algérie, avant de se creuser à nouveau en 2026. La dette publique atteindrait 71,2% du PIB d’ici 2027.

La Banque mondiale souligne que la volatilité des prix des hydrocarbures et les tensions géopolitiques constituent des risques. Elle estime que les déséquilibres budgétaires et extérieurs entraîneraient une hausse de la dette et une érosion des réserves. Pour l’institution, un cadre macroéconomique plus robuste est nécessaire pour réduire la dépendance aux hydrocarbures. Elle considère que le renforcement de la mobilisation des recettes intérieures et une meilleure gestion des revenus pétroliers et gaziers sont requis. Enfin, elle juge que la diversification de l’économie et l’accélération de la création d’emplois dans le secteur privé sont essentielles, ce qui exige une discipline budgétaire accrue et un environnement plus attractif pour l’investissement.

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