La Tunisie et la Banque mondiale ont engagé des discussions pour un partenariat renforcé dans le secteur de l’eau. Maskaram Burhan, directrice régionale de l’institution pour le développement durable au Moyen-Orient, en Afrique du Nord, en Afghanistan et au Pakistan, a rencontré le ministre tunisien de l’Économie et de la Planification, Samir Abdel Hafidh, lors d’une visite de travail à Tunis. Cet échange s’est déroulé en présence d’Alexander Ourobio, directeur du bureau tunisien de la Banque mondiale, et des membres de la délégation accompagnant le responsable régional.
La responsable internationale a confirmé l’engagement de son institution au côté de la Tunisie. « La Banque mondiale réaffirme son soutien au secteur de l’eau et à la sécurité hydrique tunisienne », a déclaré Maskaram Burhan. Elle a précisé que cet appui se concrétiserait « tant par le biais de financements de projets que par l’assistance technique nécessaire ». Elle a ensuite exprimé sa volonté de « renforcer la concertation et la coordination avec tous les organismes compétents », dans l’objectif d’« élaborer des programmes à moyen et long terme capables d’aider la Tunisie à surmonter les défis actuels ».
En réponse, le ministre Samir Abdel Hafidh a situé l’enjeu hydrique au cœur des préoccupations nationales. « La sécurité hydrique, l’amélioration de la gouvernance du secteur et l’accroissement de l’efficacité de l’utilisation des ressources en eau constituent des priorités de politique publique », a-t-il affirmé, en pointant « les impacts de plus en plus graves du changement climatique ». Le ministre a développé devant la délégation les principaux axes stratégiques que le gouvernement met en œuvre. Il a cité « le renforcement des ressources disponibles, le maintien et la modernisation des réseaux de distribution et le développement de programmes de recyclage et de traitement des eaux usées ».
Cette réunion d’évaluation des nouvelles opportunités de coopération intervient dans un contexte de stress hydrique croissant pour la Tunisie. Le pays connaît sa quatrième année de sécheresse consécutive, avec des réserves de barrages tombées à environ 30% de leur capacité. Le ministère de l’Agriculture avait préalablement alerté sur la baisse critique des nappes phréatiques, certaines régions affichant un déficit pluviométrique de plus de 40% par rapport à la moyenne des vingt dernières années. Les experts estiment que les disponibilités en eau par habitant et par an sont passées sous le seuil des 450 mètres cubes, bien en deçà du seuil de pauvreté hydrique fixé à 1000 mètres cubes. Les projets envisagés concernent notamment la lutte contre les fuites dans les réseaux de distribution, qui entraînent des pertes évaluées à près de 35% de l’eau potable produite. La finalisation d’un nouveau programme de coopération est attendue dans les prochains mois.