La Chine et la Corée du Sud ont engagé un rapprochement commercial lors d’une visite du président sud-coréen Lee Jae-myung à Pékin les 5 et 6 janvier 2026. Cette rencontre a conduit à des discussions pour renforcer la coopération bilatérale, notamment sur les chaînes d’approvisionnement. Par ailleurs, cette initiative marque une volonté de dépasser une période de relations tendues, qui avaient débuté avec le déploiement du système de défense antimissile américain THAAD en Corée du Sud en 2017. En réponse à cette initiative, la Chine avait alors imposé des mesures de rétorsion commerciales non officielles.
Le volet concret de ce réchauffement diplomatique est constitué par une série d’accords signés entre des entreprises des deux pays. Ces contrats représentent une valeur globale de 44,11 millions de dollars, soit l’équivalent d’environ 38 millions d’euros. Parmi les sociétés impliquées figurent des géants chinois du numérique comme Alibaba, JD.com et Tencent, ainsi que des conglomérats sud-coréens majeurs tels que Samsung, LG et Hyundai. Toutefois, ce montant reste modeste en comparaison du volume des échanges antérieurs à la crise. En effet, les tensions de 2017 avaient provoqué un boycott informel des produits culturels sud-coréens en Chine, affectant sévèrement des secteurs comme la K-pop. Par conséquent, les revenus des entreprises de divertissement sud-coréennes avaient chuté d’environ 782 milliards de dollars en 2016 à seulement 136 milliards de dollars en 2017, ce qui correspond à une baisse de près de 83%.
Cette dynamique de rapprochement entre Séoul et Pékin contraste fortement avec l’état des relations entre la Chine et le Japon. Qui plus est, les déclarations de la Première ministre japonaise Sanae Takaichi, arrivée au pouvoir en novembre 2025, concernant une éventuelle intervention en cas de conflit dans le détroit de Taïwan, ont contribué à accentuer les frictions avec Pékin. D’autre part, l’accord commercial avec la Corée du Sud permet à la Chine de consolider ses liens économiques en Asie face à ces tensions avec Tokyo. Pour Séoul, cette coopération renouée offre une opportunité de diversifier ses partenariats dans un environnement géopolitique incertain. En plus de cela, les observateurs estiment que cet accord, bien que symbolique, ne résout pas les désaccords stratégiques profonds qui persistent entre les deux nations.
MBY