Par Nadia Ayadi
Que dire de ce voyage en Chine en ce mois de juin 2025. Par où commencer dans ce pays immense où se déplacer d’une ville à une autre prend énormément de temps ? C’est qu’il y a plusieurs Chines en Chine…. Partir un jour si loin, moi qui rêvait de voir ce grand pays mais ma phobie de l’avion m’empêchait même de voyager à Djerba. Trois incroyables villes chinoises où il fallait prendre l’avion à chaque fois m’ont sans doute guérie de cette hantise d’être dans les airs. Atterrir après 24 heures de vol depuis Tunis avec une escale en Turquie pour arriver à Pékin a été un véritable soulagement d’être enfin sur terre. Une terre, vue du ciel qui est enveloppée de millier de fleuves, comme des veines nourricières de cet incroyable pays.
La ville en constante évolution qui vise très haut
Notre première découverte était en effet Pékin, qui ne veut plus être seulement le fabricant des autres. Son ambition est claire : celle de devenir leader dans la haute technologie et l’innovation. Télécommunications, Intelligence artificielle, véhicules électriques, énergies renouvelables : les géants Huawei, BYD ou Alibaba incarnent cette montée en puissance. La Chine ne se contente plus de suivre, elle veut dicter la cadence.
C’est qu’en l’espace de quelques décennies, la Chine a réalisé l’une des plus grandes transformations économiques de l’histoire contemporaine. Passée d’un pays majoritairement rural à la deuxième puissance mondiale, elle incarne aujourd’hui la détermination, la discipline et la capacité d’innovation d’un peuple tourné vers l’avenir par une croissance exemplaire.
La Cité exclusive aux empereurs est aujourd’hui accessible au peuple.
Tôt le matin, le guide était déjà au rendez-vous pour une visite dans la Cité interdite. Une gigantesque forteresse dans laquelle les empereurs ont régné durant plus de 500 ans. Elle était à l’époque uniquement accessible aux empereurs, le peuple n’avait pas le droit d’y pénétrer d’où son nom « cité interdite », aujourd’hui accessible à tous. Pékin a été le point de départ pour découvrir également l’une des sept merveilles du monde, la Grande Muraille de Chine.
Le Palais d’été noyé dans des eaux verdoyantes
Une autre visite marquante : Le Palais d’été de Beijing. Il a été créé en 1750, détruit partiellement lors de la guerre de 1860, puis restauré sur ses fondations d’origine en 1886. Aujourd’hui, il représente un véritable chef-d’œuvre de l’art des jardins paysagers chinois.
Mes yeux ont été inondés par les paysages féériques naturels des collines et des plans d’eau conjugués à des éléments de fabrication humaine tels que les pavillons, les salles, les temples et les ponts pour en faire un espace paradisiaque harmonieux et exceptionnel.
Chongqing et son métro qui fonce dans l’immeuble
Chongqing est une ville lumineuse érigée dans les montagnes. On l’appelle aussi « ville-montagne ». Son paysage urbain est si particulier en raison du relief naturel auquel elle a dû s’adapter. Au cœur de la ville, les immeubles surgissent de la route, au-dessus et en-dessous. C’est comme s’ ils étaient adossés à la montagne. Ils dessinent à l’horizon des lignes qui se superposent jusqu’à l’infini. On nous dit que Chongqing a également hérité d’un autre surnom à savoir « le fourneau ». Cette appellation fait certes référence à ses étés particulièrement chauds. Effectivement, nous étions dans cette ville au mois de juin et il faisait 36° à l’ombre, ce qui n’était pas trop difficile pour nous, vu notre climat en Tunisie.
Mais le plus spectaculaire dans le paysage de Chongqing, est ce métro suspendu, également appelé métro aérien. C’est une caractéristique distinctive de la ville. La station est située du sixième au huitième étage d’un immeuble résidentiel qui en compte 19. Le métro qui passe directement à travers cet immeuble, est une solution innovante pour gérer l’espace dans une ville où la population accuse une grande densité à l’instar de plusieurs villes chinoises. On peut alors s’interroger, comment les résidents de l’immeuble gèrent-ils le bruit ? Les ingénieux ingénieurs ont mis en place un dispositif spécifique de réduction du bruit pour isoler la station du reste de l’immeuble, assurant ainsi le confort des résidents.
Shanghai, la ville emblématique
Oui, c’est la ville emblématique de la Chine. Elle est connue pour ses paysages urbains spectaculaires, notamment dans son incroyable modernité et ses quartiers historiques. Des vues panoramiques, des gratte-ciels comme la Jinmao Tower, et des paysages traditionnels tels que le jardin Yuyuan. Oh, le jardin Yuyan… un paradis sur terre.
Depuis le XVIe siècle, ce jardin s’étend sur deux hectares. Endommagé et reconstruit à plusieurs reprises, il a été construit en 1559 en tant que jardin privé par Pan Yunduan. Il a passé 20 ans à l’aménager pour faire plaisir à son père, un officiel de haut rang durant la dynastie Ming. Ce jardin est considéré comme l’un des jardins chinois les plus somptueux dans la région.
La nuit pour redécouvrir Shanghai sous un autre jour
Une croisière de nuit à Shanghai nous a permis de découvrir la ville autrement où une vue époustouflante sur les mille et une lumières de la ville. Cette croisière nous a permis de profiter de la beauté de Shanghai, de ses gratte-ciels modernes et de son architecture historique. Des rangées de hauts buildings aux couleurs vives, le pont du fleuve Yang-Tsé, les maisons suspendues … Tout passait lentement, offrant une vue panoramique d’une nuit magique. Pendant cette inoubliable croisière, nous avons rempli nos yeux de lumières de chaque côté du fleuve. Du coup, une fois sur terre, un vertige agréable m’envahit.
Notre séjour a été rythmé par les différents mets authentiques. Nous avons à peine fini de prendre le petit-déjeuner que l’heure du déjeuner arrive suivie de l’heure du diner.
Les Chinois déjeunent et dînent très tôt. A 17h30, nous sommes déjà à table pour dîner. Ils ne sont pas des couche- tard, car le travail tôt le matin est prioritaire. Les effluves de petits plats mijotés embaument l’espace dans les rues et nous nous laissons guider.
Durant notre séjour, nous avons eu le privilège de découvrir l’exotique. Nous avons pris place dans un restaurant aux décors colorés. Le plat le plus célèbre, est la fondue de Chong-qing.
La grande table ronde tournante est équipée de plaques chauffantes. Les casseroles de bouillon commencent à chauffer et au premier frémissement, on trempe les produits choisis avec des baguettes. Je n’arrivais pas encore à m’en servir correctement, que je me fis remarquer par une cheffe cuisine qui me ramena enfin une fourchette. Il ne restait plus alors qu’à la plonger facilement dans le bouillon avec de la viande et à la déguster avec une sauce à l’ail ou avec beaucoup d’autres. Notre palais en prendra sûrement un coup mais la langue aussi. Parfois la couleur rouge de l’eau qui boue dans la casserole, vient en grande partie du piment… mais aussi de quelques autres produits indéterminés qui flottent à la surface.
Monter sur la plus haute tour de Chine
Dans le quartier financier de Pudong, la tour Shanghai, ou Shanghai Tower a été conçue par le cabinet d’architectes Gensler. C’est le plus haut gratte-ciel de Chine et le 3ème au monde. Il s’élève à 632 mètres avec 128 étages. Cette tour connue par sa conception et son système innovant de ventilation aérienne, nous a permis de voyager à travers les spécificités techniques, historiques et culturelles de la Chine.
Ce que nous avons retenu est riche et enrichissant sur un savoir-faire culturel et économiques exceptionnels.
En 2024, malgré un contexte international complexe, la Chine a atteint une croissance de 5%, confirmant la solidité et la résilience de son économie. Ses infrastructures ultramodernes avec des lignes ferroviaires à grande vitesse parmi les plus avancées du monde jusqu’aux ports de Shanghai et Shenzhen témoignent d’un savoir-faire unique.
La Chine ne se contente plus par conséquent de produire, elle innove. Le pays s’impose dans les technologies du futur. BYD a surpassé Tesla dans les ventes mondiales de voitures électriques, Huawei continue de révolutionner la 5G, et la Chine est aujourd’hui le premier producteur mondial de panneaux solaires, contribuant activement à la lutte contre le changement climatique.
Quand un village devient une Silicon Valley
Il y a quarante ans, Shenzhen n’était qu’un petit port de pêche. Aujourd’hui, c’est une mégapole de 17 millions d’habitants. Un laboratoire de l’innovation chinoise où naissent drones, robots et smartphones exportés dans le monde entier. Cette métamorphose fulgurante incarne l’histoire récente de la Chine : en une génération, un pays rural s’est imposé comme la deuxième économie mondiale.
Une machine économique redoutable
Comme cité plus haut, en 2024, le pays a enregistré 5 % de croissance, soit plus que la plupart des grandes économies. Les trains à grande vitesse chinois relient désormais Pékin à Shanghai en 4h30, un exploit logistique qui illustre la puissance de ses infrastructures. Dans les usines du Guangdong, on fabrique chaque jour plus de véhicules électriques qu’en Europe entière. La Chine reste « l’usine du monde », qui monte en gamme.
Quand la copie devient création
Autrefois accusée de copier l’Occident, la Chine dicte désormais les tendances. Huawei rivalise avec Apple dans la 5G, BYD a dépassé Tesla en ventes mondiales de voitures électriques, et Alibaba investit 50 milliards de dollars dans l’Intelligence artificielle. Pékin a compris que son avenir ne réside pas seulement dans le « Made in China », mais dans le « Created in China ».
En l’espace de quatre décennies, la Chine est passée du statut de pays en développement à celui de deuxième puissance économique mondiale.
Aujourd’hui encore, la Chine demeure le premier exportateur mondial. Son rôle d’« usine de la planète » repose sur une main-d’œuvre abondante, des infrastructures colossales et un savoir-faire technologique croissant. Les zones économiques spéciales, les ports ultramodernes et l’essor des grandes métropoles industrielles comme Shanghai ou Shenzhen illustrent ce modèle centré sur la production et les exportations. Pekin à titre d’exemple ne veut plus se limiter à produire pour les autres. Depuis une décennie déjà, la stratégie se concentre sur l’innovation et la montée en gamme. Les champions nationaux tels que Huawei, BYD ou Alibaba témoignent de la volonté de rivaliser avec les géants américains et européens dans la haute technologie, l’Intelligence artificielle ou les énergies renouvelables. La Chine est aussi leader mondial des véhicules électriques et du photovoltaïque, deux secteurs stratégiques pour l’avenir.
La Chine reste un acteur incontournable de l’économie mondiale. Sa trajectoire fascine autant qu’elle inquiète. Si elle parvient à résoudre ses fragilités structurelles, elle pourrait non seulement consolider sa place de superpuissance économique, mais aussi redessiner les règles du commerce mondial au XXIᵉ siècle.
Une dernière vue d’en haut avant le départ vers Tunis
Depuis la Tour de Shanghaï, la vue sur les fleuves de couleur vert olive, domine le quartier historique et le paysage urbain. Au 118e étage, une vue panoramique sur Shanghai et ses environs nous coupe le souffle.
Je ne me suis pas lassée entre autres d’admirer la belle Perle de l’Orient d’en-haut, dans ce Shanghai vertical ! J’ai vraiment pris de la hauteur avant de reprendre l’avion à l’aéroport de Shanghai pour Istanbul et enfin à Tunis. Merci à la Chine de m’avoir guérie de la phobie de l’avion car aucun psy n’a réussi à le faire !
La Chine s’est réveillée en moi et… je ne tremble plus.